204   Résumé : L'histoire traite d’un couple de quinquagénaires au bout du rouleau. L’homme profite du chemin de son travail à la maison close du coin pour peaufiner ses projets d’assassinat par cyanure ; la femme a trouvé un amant avec qui disserter sur l’overdose que pourrait tragiquement faire son mari diabétique. Deux meurtres parfaits qui s’entremêlent pour le meilleur, et surtout le pire. Le tout en une petite centaine de pages, pour un lecture qui ne prendra qu'une heure mais dont on se souviendra.

   Mon avis : Alors après un début difficile (les quelques premières pages sont plutôt longues), l’histoire décolle. Le livre est comme scindé en deux. Les premiers chapitres nous racontent de façon générale la morne vie des personnages, et détaille le plan parfait du mari pour tuer sa femme, en laissant volontairement le plan parfait de cette dernière de côté. Ensuite vient un tournant « surprenant », dans le sens où je m’attendais à un long jeu d’échec au sein du couple. Ce tournant marque le début de la seconde partie d’après moi. Ici, on entre vraiment dans l’histoire, et on suit le quotidien des personnages. Un petit suspens s’ajoute au léger humour noir ; la recette parfaite pour une histoire prenante sans prise de tête.

   Sans faire rire, les situations et dialogues arrivent sans mal à faire sourire. Entre le mari qui enchaîne les Agatha Christie pour s’inspirer et l’épouse qui guette les découvertes que font Les Experts chaque lundi soir, il faut dire que le couple Smiley a peu à envier à la famille Adams.

   L’humour noir qui découle des situations absurdes est contrebalancé avec brio par des éléments qui sont plutôt du côté des histoires sombres. Paranoïa, hallucinations, l’impression que le monde entier se referme sur soi ne sont que quelques péripéties qui traversent la semaine mouvementée de ce couple. On se croirait même dans une histoire de maison hantée par moments.

   En somme, l’ambiance imite sans mal celle du film espagnol Mes chers voisins d'Alex de la Iglesia, avec son humour noir discret et sa tension diffuse. Ce livre est tout de même bien moins oppressant que le film auquel je le compare, mais pas moins prenant.

Murphy