Du bout du doigt Thomas Temple

Résumé Du bout du doigt :

« BREAK ! J’ai besoin d’un break » se convainc James Darmon lors d’un nième séminaire sur les nanotechnologies. Fuir, loin de toute civilisation. Mallette à la main, costard froissé et chaussures étriquées, marre de cette rengaine de business man. Quelques clics sur les offres promotionnelles et c’est direction Hawaii, le temps de se ressourcer. Et pourtant, il était loin d’imaginer ce qu’il allait trouver là, dans la quiétude de l’île paradisiaque. A quelques centimètres, de l’autre côté de sa porte de chambre d’hôtel…

 

Ce que j’ai bien aimé Du bout du doigt

Du bout du doigt est une courte nouvelle (l’équivalent de 22 pages imprimées), trouvable sur Amazon, assez difficile à définir. Je dirais que le genre se rapproche du polar par son ton sombre, sarcastique et désillusionné. Mais on n’y retrouve pas, ou peu, les éléments classiques d’un polar. Ici, pas d’enquêtes ou de crimes graves, mais la noirceur du quotidien et un délit mineur, tellement banal qu’on l’a tous subi un jour (ou plutôt une nuit). Et ce qu’on pourrait nommer la pathologie ordinaire, où la frontière est mince entre ce que n’importe qui peut vivre un jour, et le symptôme d’un esprit bien plus dérangé que la moyenne. C'est un axe assez original et sympathique selon moi.

Le style, lui, est efficace et direct.

Le personnage principal est bien défini. Le risque avec sa vie aisée est qu’on ne s’intéresse pas à ses problèmes, en tant que lecteur. Mais c’est assez bien fait, et il explique son existence avec tant de dépit, qu’on arrive à s’identifier à lui malgré tout. Sur certains points du moins.

L'histoire en elle-même est simple et se suit facilement. La noirceur est subtile mais bien présente et totalement plaisante quand on la repère.

 

Ce que j’ai moins aimé

Côté négatif, on retrouve quelques stéréotypes à plusieurs reprises (l’ado et son scooter, les jeunes Américains ivres), sans que ça soit vraiment gênant pour l’histoire. C’était peut-être même volontaire d’axer les personnages ainsi. J’aurais préféré un peu plus de nuances personnellement, mais sur 22 pages, ce n’est pas forcément le plus pratique.

L’autre point qui m’a gêné est aussi directement relié au format court de l’histoire. La réaction en chaîne finale m’a parue assez, trop ?, extrême. Il aurait été difficile de faire autrement dans ce format, j’en ai conscience, mais présenté de façon si rapide, ça ne m’a pas paru totalement cohérent, ni plausible.

 

Ce que j’en retiens au final

Au final, l’idée générale est d’une simplicité monstre et pourtant si dérangeante quand on y pense. Et ça, j’adore !

L’auteur explique dans le résumé que ses histoires parlent de « criminels au départ comme vous et moi, ou presque, passés à l’acte par la force d’un quotidien en perte de repères. » Pour le coup, on ne retrouve pas vraiment l’aspect criminel ou même le passage à l’acte dans Du bout du doigt. Pas comme on s’y attendrait en tout cas. La réaction en chaîne finale est involontaire, même si clairement appréciée par le héros.

La partie « pathologie du quotidien de monsieur tout le monde » en revanche est belle et bien là. Le personnage principal se retrouve ainsi à la frontière entre d’une part la curiosité, l’agacement puis la satisfaction du triomphe que monsieur tout le monde pourrait connaître dans ces circonstances, et d’autre part quelque chose de bien plus noir et dérangeant, bien que subtil. C’est sans doute l’aspect que j’ai le plus aimé au final : cette noirceur et ce délire des grandeurs sur lesquels l’auteur n’a pas voulu insister explicitement, et qui en ressortent du coup plus marquants à la lecture.

 

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Murphy