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J’inaugure aujourd’hui un nouveau type d’article : le décryptage de l’écriture d’une histoire.

Pas de vérité universelle ou de révélation subite ici. Simplement un « témoignage » au cas par cas. Comment j’ai écrit telle histoire, pourquoi, ce qui m’a bloqué et comment j’ai trouvé (ou pas) une parade.

Savoir « l’histoire derrière l’histoire » des textes que je lis m’a toujours intéressé. Et c’est, je trouve, une bonne source d’inspiration, pour varier de ses habitudes.

C’est aussi, je dois l’avouer, une façon de me motiver. A force d’en parler, je finirais bien par réussir à terminer ces histoires.

Dans l’article d’aujourd’hui, j’aimerais expliquer comment m’est venue l’inspiration pour le texte La forme dans le noir, une courte nouvelle, la première et (depuis bien trop longtemps) la seule que j’ai proposée sur Amazon.

 

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Résumé de La forme dans le noir :

James s’est isolé du reste du monde ces dernières semaines. Il agit étrangement, raconte des bribes d’histoires incohérentes aux inconnus qu’il croise et semble fuir son entourage. La police en a assez de ses canulars téléphoniques faussement désespérés et son voisin n’en peut plus du bruit assourdissant qu’il fait la nuit.

Un soir, James appelle son ami Charles et l’implore de venir chez lui. « Je dois en finir », explique-t-il, apeuré, au téléphone. Arrivé sur place, Charles découvre un James craintif mais résigné qui lui propose de lui raconter ses dernières semaines. L’endroit est lugubre, Charles y sent quelque chose de malsain et d’indéfinissable. Mais il doit savoir ce qu’il se passe pour arranger les choses. Il ignore que le simple fait de rester dans ce salon et d’écouter son ami pourrait bien lui être fatal…

 

D’où est venue cette idée d’histoire ?

Ça a été le genre d’inspiration subite.

J’étais seul chez moi, un soir pluvieux, je venais de finir de lire Les yeux de la momie de Robert Bloch. Un recueil de nouvelles d’un fan de Lovecraft, qui lui a d’ailleurs dédié plusieurs textes.

Et c’était réussi, certaines nouvelles créant une ambiance angoissante à la perfection.

Une fois le livre fini, mes yeux se sont posés sur la fenêtre de mon salon, qui donnait forcément sur une nuit noire au possible. Et je me suis dit (parce que je me parle souvent à moi-même !) : « Ça serait vraiment flippant si là, tout de suite, la créature de la nouvelle que je viens de lire était juste derrière cette fenêtre ». (Et non, les témoins de Jéhovah et autres sectaires du porte-à-porte, ça compte pas !)

Lire l’histoire d’une créature innommable pour découvrir que, depuis le début, elle est juste là, dans votre dos, à vous épier. C’est cette pensée qui m’a donné envie d’écrire La forme dans le noir. Je voulais créer une ambiance qui pousserait mes lecteurs (imaginaires) à se faire la même réflexion que moi, à frissonner à l’idée qu’une chose innommable soit juste derrière eux.

 

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"Laissez-nous entrer ! On vient vous parler de Jésus !"

 

La source d’inspiration du jour : les craintes du quotidien

Hormis la lecture (lire inspire forcément, lire c'est la vie !), les craintes du quotidien sont à mes yeux la meilleure source d’inspiration. Surtout, évidemment, pour les récits horrifiques.

Crainte est pour le coup un bien grand mot. Imaginer des créatures derrière ma fenêtre ne m’a jamais empêché de dormir. Mais cette idée comprend pour moi quelque chose de subtilement dérangeant. L’idée d’être épié à son insu, en permanence, par l’invisible. En extrapolant cette « crainte », j’ai ainsi eu l’idée de La forme dans le noir où un personnage explique à un autre l’enfer que lui a récemment fait vivre une créature sans nom.

D’autres idées me sont déjà venues de cette façon, pour des histoires encore à écrire.

Le risque est, en revanche, de tomber dans du déjà déjà (on peut ajouter autant de "déjà" qu'on souhaite) déjà vu. C'est donc une source d'inspiration à surveiller de près quand même.

 

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Une source d’inspiration universelle

On retrouve cette « tactique » plus ou moins partout, consciemment ou non.

Les mythes et légendes sont globalement issus de là. Les dieux de toute civilisation renvoient à des peurs et des questionnements sur la vie (questionnement = inconnu, inconnu = peur).

La peur du noir est souvent utilisée dans les fictions. Les fantômes, quant à eux, étaient au départ la métaphore des remords des vivants.

L’arrivée de chaque innovation, et donc le danger qu’elles pouvaient représenter, dans la société a aussi été traduite dans des histoires d’angoisse. Frankenstein et les méfaits de la science, ou les photographies qui capturent les âmes pour ne citer que ces exemples.

La liste peut être longue. Mais une chose est sûre : dès que l’humain a affronté une nouveauté, la crainte de l’inconnu lui a inspiré des fictions d’angoisse.

 

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"Les monstres ne sont pas sous votre lit, mais dans votre tête !"

 

C’est tellement simple et évident qu’on tend à l’oublier.

Alors la prochaine fois que vous pensez entendre quelque chose dans votre appartement (non, pas votre chat, quelque chose chose, j'ai dit !), que quelque chose gratte sous votre lit, que vous pensez voir quelque chose du coin de l’œil sur votre parking, prenez note (et la fuite s’il y a vraiment quelque chose, mais note aussi !). Ça pourrait être l’impulsion de votre prochaine histoire (ou la preuve que vous êtes définitivement trop paranoïaque et qu'il faut vraiment soigner ça).

 

Murphy