Les visages du cauchemar - Graham Masterton

* Broché : 286 pages * Editeur : Pocket * Collection : Terreur *

 

Recueil de nouvelles de Masterton, que je découvre depuis peu (j’ai ainsi lu récemment La maison de chair, L’enfant de la nuit et Le djinn), je dois avouer que j’ai été globalement déçu. Le maître de l’horreur en romans ne m’a pas vraiment emballé dans ses nouvelles…

 

L’ange gardien : On retrouve ici une bonne ambiance de début, on s’attend à quelque chose de fort, plein de démence. D’autant plus qu’étant la première nouvelle, je pensais retrouver la qualité des romans de Masterton. Et puis au final, non, ce n’est qu’un fade délire à base d’ange, et ça semble décousu.

Au moins, ça ne va pas là où on s’attend, mais le revirement de l’héroïne est trop rapide pour être crédible.

 

La lune affamée : Sympathique, sombre et glauque, c’est peut-être ma nouvelle « préférée ». On y retrouve une bonne créature et mise en scène superbe (le héros enquête à partir du dessin sur un paquet de céréales !). C’aurait mérité un texte plus long et plus axé sur la créature. Il y avait matière à faire un très bon roman.

 

Douleur  : Après deux nouvelles passables, pour moi c’est ici que se trouve la véritable chute dont le recueil ne se relèvera pas. Ici, j’ai l’impression qu’on ne fait qu’enchaîner des scènes de sexe sans intérêt. L’idée (car il y a tout de même une histoire) est intriguante sur la durée et originale, mais c’est bien trop longuet et la fin est peu mémorable. Le genre de nouvelle où on se dit au final « tout ça pour ça ».

 

Le Shih-Tan secret verse dans le gore et le malsain avec succès. Mais l’histoire reste assez convenue, même si bien amenée (Masterton a un don pour la mise en scène dans ses nouvelles !). C’est peu mémorable à mes yeux, d’autant plus que le gore n’est pas ma passion première en terme d’horreur.

 

Les hommes de Maes : Peut-être parce que j’étais fatigué pendant ma lecture, mais ici l’immersion m’a été difficile. L’histoire est sympathique mais bien peu innovante et peu marquante.

 

Conte de fées : Idée sympathique encore une fois, et début intriguant à souhait. Mais la suite manque de surprise pour qui remarque le parallèle sans doute volontaire entre ce texte et le conte du nain Tracassin.

 

Suffer Kate : Nouvelle immersion dans le genre à tendance malsain, encore une fois assez réussite. Mais l’histoire traine en longueur et ne m’a pas particulièrement emballé (là encore, il y a un manque d’innovation à mon sens, et fin courue d’avance).

 

Le retour du Manitou : C’est ici le Masterton que j’aime, qui joue avec l’angoisse et les vieilles légendes. Malheureusement, je n’ai encore rien lu du Manitou, entité récurrente dans les textes Mastertoniens. Je me suis donc spoilé pas mal de choses, ce qui m’a dégouté de ma lecture et empêché de vraiment l’apprécier.

 

Au final, Les visages du cauchemar m’ont peu emballé. La lecture est généralement fluide et les pages défilent. Mais une fois le recueil terminé, force est de constater que ce n’est pas là le Masterton que je cherche. A part L’ange gardien, à la limite, La lune affamée et Le retour du Manitou, ce recueil joue à mon sens bien plus sur le malsain ou le mystère que sur l’épouvante et le cauchemar. Bien dommage. Je pense que d’ici quelques mois, j’aurais déjà oublié la plupart de ces textes.

On entend souvent qu’il y a des auteurs à romans et des auteurs à nouvelles. Certains anéantissent cette théorie en excellant autant dans l’un que l’autre. Mais pour ma part, même s’il faudrait que j’en lise un peu plus encore, je pense que Masterton est un auteur à romans, et non pas à nouvelles.

 

Murphy