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Résumé de Magie indienne de Graham Masterton

Jim Rook n'est pas seulement un excellent professeur qui parvient à tirer le maximum des classes les plus difficiles, c'est aussi quelqu'un qui, ayant frôlé la mort dans son enfance, a le don de voir fantômes et esprits.

Lorsque Brad, le petit ami de Susan White Bird, une étudiante d'origine navajo, est assassiné, les soupçons se portent sur les deux frères, exagérément "protecteurs", de la jeune fille. Jim ne croit pas à leur culpabilité et deux nouveaux meurtres vont lui donner raison : ce qui rôde sur le campus est bien plus terrifiant et menace de transformer Susan en la créature la plus abominable de la mythologie navajo...

 

Mon avis sur Magie vaudou de Graham Masterton

Le problème avec les suites, c’est qu’elles innovent difficilement. Et ici, j’ai l’impression que l’auteur n’a même pas essayé, comme s’il partait vaincu d’avance. On a donc affaire à une sorte de remake de Magie vaudou, l’efficacité et l’effet de surprise en moins forcément.

Même schéma, mêmes scènes qui se répètent d’un tome à l’autre (la voisine qui passe faire ses prédictions, le héros qui est soi-disant condamné à mourir tel jour, encore une fois, alors qu’au final, on élude cette menace comme on écrase une mouche trop insistante…). C’est un schéma cliché et déjà vu dans l’absolu, mais c’est ici d’autant plus ennuyant que tout ceci s’est déjà passé dans Magie vaudou !

Tout est donc prévisible de ce simple fait. On pourrait se dire que si on n’a lu aucun « Magie » de Masterton avant, ça peut toujours passer. Après tout, les tomes sont indépendants et peuvent se lire dans n’importe quel sens au final. Mais c’est sans compter sur le résumé qui en dit bien trop et les indices gros comme des maisons, ou plutôt des immeubles.

Le héros me parait toujours aussi fade, et même stupide (Pourquoi la femme, que j’ai envoûtée pour qu’elle pense m’aimer, ne m’aime-t-elle pas vraiment ? On se le demande, nous aussi, vraiment…)

J’en profite pour revenir sur ma critique précédente, sur Magie vaudou. J’y expliquais que la fin relevait à mes yeux le niveau du personnage central, en lui donnant une certaine noirceur. Je ne voulais pas spoiler dans ladite chronique, mais je suppose que si vous lisez ma critique de Magie indienne, c’est que vous avez déjà lu le tome précédent. Si ce n’est pas le cas, vous êtes prévenu, le paragraphe qui suit vous spoilera la fin de Magie vaudou (quoi que sur un aspect finalement très secondaire de la saga, je vous rassure).

Concrètement donc, j’ai dit cela parce que le héros utilise la poudre à faux souvenirs pour envoûter sa collègue et la persuader qu’elle l’aime. Ce qui pour moi s’apparente facilement à un viol mental (et même physique, puisqu’on suppose qu’il ne l’envoûte pas juste pour faire de jolies et innocentes photos de couple). Mais l’auteur n’a visiblement pas la même vision de la chose que moi puisque tout ceci est parfaitement normal pour le personnage. Chaque tome pouvant se lire séparément, on n’explique en fait même pas que la femme est sous l’emprise de magie vaudou. Ils sont dans une idylle illusoire à tous les niveaux ; elle parce qu’elle n’a jamais voulu de ce type, lui parce qu’il refuse de comprendre qu’elle ne veut pas de lui et que toute la poudre vaudou du monde n’y changera rien. Ceci étant, cet aspect de l’histoire est vraiment un détail insignifiant dans le texte. Si j’insiste tant dessus, c’est surtout parce que l’occasion ratée de faire du héros un personnage intéressant et plus noir qu’il n’y parait m’est resté en travers de la gorge. Au final, il reste égal à lui-même, plus stupide encore qu’on pouvait le supposer jusque-là.

Dernier point qui a fini de me convaincre que je lisais là le pire Masterton à ma connaissance : la fin « finalement, on fait la paix et toutes les personnes mortes en cours de route ressusciteront », vraiment, non. On est dans un Masterton, le maître de l’horreur, ou dans une suite dérivée de Narnia ?

 

J’avais adoré La maison de chair et bien aimé L’enfant de la nuit malgré ses longueurs. Le djinn remontait Masterton dans mon classement personnel après un recueil de nouvelles, Les visages du cauchemar, qui ne m'avait pas plus accroché que ça. Quand Le diable en gris me faisait perdre tout espoir de lire un récit sérieux de cet auteur, Magie vaudou avait réussi à me rassurer, sans emporter totalement mon adhésion. Ici, sans être aussi aberrant que Le diable en gris (quoi que, des fois je me demande lequel des deux est le pire…), Magie indienne est une lecture dont je me serais largement dispensé. Je crois qu'en fait, je n'arrive simplement pas à adhérer quand l'absurde prend le pas sur l'horreur (si je visais des comédies, il en serait autrement, mais je lis des Masterton pour ses ambiances glauques et impitoyables, pas pour rigoler).

En tout cas, avec ce bref inventaire, je peux dire que Masterton est selon moi capable du meilleur du meilleur comme du pire du pire et, dans un cas comme dans l'autre, il a au moins le talent de ne jamais me laisser indifférent. 

 

Murphy Myers