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Aujourd'hui, dans la rubrique "comment j'ai eu l'idée d'écrire telle histoire", il est question de « 20 minutes avant la tombe ». Titre bizarre pour une histoire qui l’est tout autant. Et non, il ne s’agit pas du journal « 20 minutes ».

 

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Résumé de 20 minutes avant la tombe :

Au bord d’une route, Elia attend Owen. Il ne voudra pas s’arrêter mais le fera quand même.

Elle montera dans la voiture. Fumera ses cigarettes à lui. Il lui demandera où elle veut aller, elle ne répondra pas. Ou bien dira que peu lui importe. Ça dépendra de son humeur.

Puis, après une vingtaine de minutes, ils croiseront un camion.

Et c’est là que les problèmes commenceront vraiment. Encore une fois…

 

 

D'où est venue cette idée d'histoire ?

Vous aurez vite compris de quoi il en retourne, malgré un résumé vague au possible. Une femme en bord de route, auto-stoppeuse, un accident prévu dans 20 minutes. Oui, c’est une histoire de Dame Blanche. La chose est plus compliquée encore, et je ne spoilerai pas la suite ici, mais le thème d’origine est là.

Si le résumé sonne tant comme un cliché, c’est volontaire. J’ai voulu reprendre chaque élément vu et revu des histoires de Dames blanches. Et pour cause, à l’origine ce devait être une parodie.

 

Et donc, d'où est venue cette idée d'histoire ? En fait, après avoir vu une de ces émissions sur les « 30 mystères mystérieux du monde mystérieux de l’au-delà mystérieux » (comment ça, je regarde ce genre d’émissions au millième degré ?), je me suis posé une question toute bête. Plusieurs en fait.

Une des histoires relatait évidemment un témoignage sur une Dame blanche. Et je me suis dit (parce que je me parle souvent à moi-même, je l'ai déjà dit) : c’est drôle, dans toutes ces histoires de Dame blanche, la Dame blanche, elle arrive toujours à monter dans la voiture du conducteur qu’elle doit sauver. Paradoxal quand on pense à la société actuelle où plus ou moins personne ne s’arrête pour prendre un auto-stoppeur. D’autant plus que ces Dames sont décrites comme étranges à chaque fois.

 

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« Tiens, une femme étrange, glauque, pâle, qui ressemble à un fantôme. Et si je la prenais en stop ? ».

 

Ajouté à ça une autre étrange coïncidence : la Dame blanche ne se trompe jamais ! Elle ne monte pas dans la mauvaise voiture, elle a toujours un timing parfait. « Attention au tournant ! » suffit à éviter une mort atroce au conducteur à chaque fois. Mais comment fait-elle pour ne pas se tromper de tournant ? Comment sait-elle quand, à la microseconde près, avertir le conducteur ? Un peu trop tôt et ça n’a pas de sens, un peu trop tard et il n’aura pas le temps de dévier son véhicule.

Voici donc pourquoi j’ai commencé cette histoire, dans l’idée de répondre à ces questions et d’en faire une parodie. Monter les « coulisses » de la Dame blanche, ce qui se passe dans ce métier à risque et pourquoi elle ne se trompe jamais, jamais. (En mode reportage de Zone interdite, "Les coulisses des métiers de mort : alcool, sang et folie" ; j'ai beau chercher, je n'ai pas trouvé comment inclure le terme "prostitution" comme dans les vrais Zone interdite... On ne peut pas tout avoir dans la vie).

 

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"Bonsoir, je suis morte." 

"Bonsoir Morte. Montez donc !"

 

 

La technique du jour pour s'inspirer : Revisiter un mythe à sa sauce

J’ai donc simplement voulu dépoussiérer un mythe ancestral. Enfin, une légende urbaine pas si vieille que ça mais qui s'inspire de mythes ancestraux (Banshees et lavandières, bonjour !).

Plus que de dépoussiérer ce mythe, j’ai voulu le transformer à ma façon, le rendre un peu plus original, lui donner un nouvel angle d'attaque, en le mélangeant à d'autres thèmes qu'on penserait à première vue incompatibles avec. Sans trop en dire, on se retrouve donc dans un huis-clos surnaturel, sur un ton polar/thriller, qui démarre de façon qui se veut comique et plonge lentement dans l'horreur.

Quant à savoir si j’ai réussi à faire tout ceci de façon correcte, ça c’est une toute autre histoire et je préfère vous en laisser juger par vous-mêmes.

En bref, on peut donc résumer ça par « Revisiter un mythe à sa façon ». Plusieurs autres de mes histoires reprennent plus ou moins cette idée. Et de nombreux auteurs, de tous temps, ont tenté cette méthode.

 

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Le célèbre Graham Masterton s’y essaie aussi

Pour un exemple plus parlant et légitime, contrairement à moi, c’est une technique que Graham Masterton semble souvent utiliser.

J’ai découvert Le djinn dernièrement, un de ses premiers textes.

Tout est dans le titre, celui que l’on surnomme le Stephen King anglais a donc repris le mythe arabe des Djinns à sa manière, transposé à une époque moderne. Je ne connais que peu les vrais mythes de Djinns. Bien sûr, je connais le dessin animé Aladin et les histoires de créatures qui exaucent les vœux.

Mais Masterton évite tout cela dans son histoire, justement. Il transforme totalement le mythe (ou bien se rapproche du mythe originel, je l’ignore). Ici, la créature veut se libérer de sa jarre. Et pour cela, elle a besoin d’un visage. Oubliez donc les vœux qui se retournent contre vous. Ce qu’il faut craindre ici est que le Djinn veuille votre tête. Littérallement.

Dans une ambiance moderne de maison hantée, on découvre donc la vision de Masterton sur ce mythe ancestral. Et c’est selon moi ce qui fait la force de ce court roman. Mais aussi un bel exemple de texte qui s'inspire et innove avec des histoires anciennes. 

D'autres histoires de Masterton reprennent ce principe : Magie vaudou avec... la magie vaudou, ou encore Wendigo, que je n'ai pas encore lu, avec... un Wendigo j'imagine (étonnant n'est-ce pas ?). Le fantôme de Canterville d'Oscar Wilde reprend de façon humoristique le mythe des maisons hantées, Malpertuis de Jean Ray reprend d'anciennes divinités, les vampires d'Anne Rice s'affichent sous un tout nouveau jour (pour l'époque du moins, le tout est un peu moins nouveau pour 2017), et les exemples peuvent encore être nombreux.

 

Et vous, quel livre reprenant ce procédé avez-vous lu (ou écrit) ?

 

 

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Murphy