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Résumé de Car les temps changent de Dominique Douay :

Une fois par an, lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, arrive le Changement. Tout change: les identités de chacun, les professions, les statuts sociaux... Le riche peut devenir pauvre, le pauvre peut devenir riche, tout change. Un an seulement pour vivre cette vie-là, avant le prochain Changement: cette fois, l'année était 1963, quelle sera la prochaine? Paris est une gigantesque spirale à étages et la réalité n'a plus rien de solide.

 

* Broché : 191 pages * Editeur : Moutons électriques * Collection : Helios *

 

Ce que j’ai aimé dans Car les temps changent :

L’histoire est tout simplement passionnante ! Certains passages, surtout au début, tournent trop autour du sexe à mon goût. Avec un tel concept et un tel monde, il y a tant à dire que je trouve dommage de se limiter aux seules pulsions du personnage. Mais c’est finalement une façon d’amener la suite de l’histoire de façon originale et d’autres sujets sont vite abordés.

On suit donc Léo le Lion qui, disons-le toute de suite, échappe au Changement. D’un côté, j’ai trouvé ça dommage, je brûlais d’impatience de découvrir les vies successives du personnage, les époques qui se mélangeaient, etc. Alors qu’au finalement, ce concept n’est amené que pour le détourner. Tandis que c’est une routine pour les personnages, l’élément déclencheur ne pouvait qu’être que l’un d’eux échappe à cette mécanique bien huilée, sans raisons apparentes. C’était inévitable et bien pensé, quand bien même on est déçu au début.

La suite nous fait vite oublier ces déceptions. Au menu : philosophie sur la vie, la place de chacun, les rôles que l’on joue de force, le travail, la famille, le sexe, l’art et sa façon de transformer le monde (d’essayer du moins), la personnalité de chacun, la construction même d’un individu, la manipulation, et pour aller plus loin dans la SF, boucle temporelle, ville animée et dystopie pure.

C’est beaucoup de thématiques, en moins de 200 pages seulement, mais tout s’agence avec fluidité. Une fois le livre refermé, on y repense encore. C’est clairement le genre de lecture mémorable dont on parle autour de soi encore des mois plus tard.

 

Ce que j’ai moins aimé :

Le style est paradoxal. C’est entrainant mais j’ai vraiment peu aimé cette alternance entre la première et la troisième personne. Au début, je pensais que c’était pour aller avec l’histoire, car une telle alternance s’y prêtait bien. Mais en fait non, c’est principalement hasardeux.

De façon générale, la « mise en page » est une vraie plaie. On se dit à plusieurs reprises que l’éditeur voulait caser cette histoire dans un nombre de pages précis, et qu’il a condensé certains passages pour ce faire. Vraiment dommage.

Ajouté à ça des coquilles en pagaille, avec les apostrophes à l’envers notamment. L’auto-édition a souvent une mauvaise réputation à ce sujet, alors que l’édition semble intouchable. Ce genre de livres prouve bien que ce ne sont là que des stéréotypes, quasiment toutes mes lectures d’auteurs autoédités sont clairement mieux corrigées et mises en page que Car les temps changent…

 

Ce que j’en retiens au final :

Une lecture unique en son genre ! Ce type d’histoires est souvent casse-gueule car quitte ou double. On accroche ou pas. Ça m’a rappelé à ce titre, et pour les approches utilisées, Le syndrome du scaphandrier de Serge Brussolo, Le K de Dino Buzzati ou encore La morsure de l’ange de Jonathan Carroll.

A lire de toute urgence !

 

Murphy