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Résumé de Rois du monde : Même pas mort, première branche de Jean-Philippe Jaworski :

Je m'appelle Bellovèse, fils de Sacrovèse, fils de Belinos. Pendant la Guerre des Sangliers, mon oncle Ambigat a tué mon père. Entre beaux-frères, ce sont des choses qui arrivent. Surtout quand il s'agit de rois de tribus rivales... Ma mère, mon frère et moi, nous avons été exilés au fond du royaume biturige. Parce que nous étions de son sang, parce qu'il n'est guère glorieux de tuer des enfants, Ambigat nous a épargnés. Là-dessus, le temps a suivi son cours. Nous avons grandi. Alors mon oncle s'est souvenu de nous. Il a voulu régler ce vieux problème : mon frère et moi, il nous a envoyés guerroyer contre les Ambrones. Il misait sur notre témérité et notre inexpérience, ainsi que sur la vaillance des Ambrones. Il avait raison : dès le début des combats, nous nous sommes jetés au milieu du péril. Comme prévu, je suis tombé dans un fourré de lances. Mais il est arrivé un accident. Je ne suis pas mort.

Relié: 297 pages
Editeur : Moutons électriques
Collection : La bibliothèque voltaïque

Ce que j'ai aimé :

Tout ! J'ai été une fois de plus enchantée par la lecture de ce Jaworski que j'ai dévoré.

Il s'agit d'une fiction historique qui prend place en Gaule et, à travers l'histoire de Bellovèse qui en est le narrateur, nous permet de nous familiariser avec les tribus celtes de l'époque, Jaworski s'étant richement documenté sur le sujet.

L'histoire n'est pas racontée de façon chronologique, ainsi le passé et le présent se mèlent, l'un se faisant l'écho de l'autre et inversement. En nous narrant sa jeunesse, Bellovèse nous permet de comprendre, au fur et à mesure que se déroulent ses souvenirs, les relations qui lient certains personnages entre eux. Ceux-ci ne sont jamais manichéens, chacun étant portés par ses propres convictions, intentions ou agissant selon des informations que d'autres ne possèdent pas.

Le héros évolue dans un univers mouvementé : confronté à la guerre mais également à des choses qui le dépassent. Car le voici victime d'un interdit: Bellovèse ne peut mourir. Ce tabou permet d'insérer des éléments fantastiques, et même plus que cela puisque des références explicites sont faites à la mythologie et au folklore celtes. Jaworski peut ainsi développer le rapport spécifique qu'entretient l'homme celte avec son système de croyance.

L'écriture reste entrainante, précise et ciselée comme Jaworski nous a habitué avec Gagner la guerre. Certaines scènes m'ont d'ailleurs rappelée l'histoire de Benvenuto mais l'effet était quand même là : j'ai frissonné de peur à quelques reprises (en cela, Jaworski égalise avec Shirley Jackson et sa Maison hantée, qui, à ce jour, a été la seule lecture à m'effrayer !).

Ce que j'ai moins aimé dans Même pas mort :

Je noterais cependant deux bémols qui tiennent plus de détails que d'aberrations littéraires :

- A quelques reprises au début de cette lecture, j'ai trouvé des phrases parfois redondantes, parfois maladroites. Cela a eu pour effet de me "refroidir"... quelques secondes. La magie a ensuite opéré et impossible de m'arrêter avant la dernière page.

- Ce tome est une introduction à une histoire qu'on imagine déjà passionnante et pleine de rebondissements. Toutefois, la troisième branche, au départ planifiée pour 2015, n'est à ce jour toujours pas parue (d'ailleurs, si vous avez quelques info, je suis preneuse !).

Mais comment en vouloir à Jaworski ou aux Moutons électriques ? La qualité d'écriture et scénaristique est toujours là. Le livre a fait l'objet d'un travail soigné et sobre.

Ce livre est une pépite, n'hésitez pas à vous jeter dessus !

 

Poppy