devoreuse fedou

Résumé de Dévoreuse de Didier Fédou

Une nuit de tempête, les quatre gosses se réunissent dans leur refuge. Ils subissent depuis bien longtemps des traumatismes trop graves pour eux : enfance battue, racket, deuil, pédophilie... Le sel de leurs larmes, le sang de leurs blessures, la terre sous laquelle ils se cachent et les éclats de foudre, ce n'est pas une nuit comme les autres. Ensemble, ils invoquent un égrégore, l'esprit de vengeance : Dévoreuse.

Ainsi est rendue justice, ainsi vengeance est faite, mais la créature ne fait rien pour rien, elle leur a offert la vengeance, rendu la liberté, elle exige maintenant son dû, et à chacun d'eux la même créance : ta vie, ou ce qui t'es le plus cher...

Une traque, une chasse, sans pitié, sans répit. Mais qui chasse qui ?

Vous aurez à nouveau peur de sortir la nuit...

 

Disponible sur Amazon !

 

Mon avis sur Dévoreuse de Didier Fédou

Une histoire entre horreur et surnaturel, ça ne peut que me plaire, évidemment !

Ici, je pense que l'auteur a volontairement rendu hommage à « Ça » de Stephen King (après vérification, en fait, il semble que non !). Même schéma d'origine, en tout cas, 4 gamins en proie à un monstre qui change d'apparence, pour résumer sans trop en dire. Je n'ai jamais lu « Ça », pas vraiment adoré le film (ne me jetez pas de pierres !) mais Dévoreuse m'a bien convaincu sur cet aspect. J'ai d'ailleurs dévoré, justement, la première partie sur l'enfance des personnages, pressé de découvrir où tout ça mènerait.

Première partie qui aurait même pu se suffire à elle-même, quand on y pense. Elle contient tout ce qu’il faut : une bonne intro, de bons personnages, une bonne menace, une bonne ambiance. Tout comme la série Stranger things nous rappelle les films d’horreur des années 80-90 avec succès, Dévoreuse m’a fait penser à tous ces textes classiques du genre, de la même époque. On suit certains schémas connus mais on les suit avec plaisir.

Le style nous entraîne très vite, je l'ai trouvé particulièrement visuel, très cinématographique, dans la façon de présenter les personnages. C’est très réussi.

La deuxième partie continue sur la même lancée. Peut-être un peu moins surprenante (lecteur comme personnages sont à présent en terrain connu), mais tout aussi rythmée. On avance encore un peu plus dans l’aspect fantastique du récit, on en découvre un peu plus et on en redemande !

Quelques scènes particulièrement gores m'ont bien plu aussi. L'histoire s'axe surtout sur l'aspect surnaturel, un peu moins sur l'aspect terreur je trouve. C'est donc aussi "surprenant" que plaisant de faire face à quelques morceaux de texte bien rouges et glauques.

Enfin, il y a une sorte de chute en fin de livre, qui ne remet pas en question l'histoire mais lui apporte une autre dimension très plaisante. Sans en dire plus, je dirais que les fans de Fédou seront heureux de voir quelques connexions se faire entre Dévoreuse et d'autres histoires de l'auteur, même si ces liens sont subtils et ne dérangent en rien ceux qui liraient du Fédou pour la première fois avec Dévoreuse.

 

Il y a seulement deux bémols qui ont empêché ma lecture d’être parfaite.

D’abord, les clichés. Si certains m’ont paru nécessaires au bon fonctionnement de l’histoire, d’autres m’ont bien plus dérangé. Exemple : le personnage qui « devient » lesbienne (cliché 1) par dégoût des hommes (cliché 2), et qui se dit « plus masculine » que sa compagne parce que « c’est la norme dans les couples lesbiens » (cliché 3, le pire à mes yeux). Je trouvais le personnage intéressant, innovant par rapport aux personnages habituels de l’auteur. Mais plus j’en découvrais sur elle, plus j’avais l’impression d’un sabotage. C’est au final devenu un amas de stéréotypes déjà vus. Enfin, je ne spoilerai pas la fin que connait ce personnage, mais là encore, je n’ai pas adhéré.

Deuxième point qui m’a gêné : on passe sous silence certains éléments de la vie des personnages. L’histoire se scinde en deux parties : la partie sur l’enfance des héros, et la partie 25 ans plus tard. Plusieurs éléments sont mis en place et plus ou moins laissés en suspens en partie 1, et ne font l’objet que de quelques lignes par-ci par-là en partie 2. La sœur d’un personnage, préoccupation première en partie 1, devient anecdotique. Un autre personnage, laissé orphelin, n’évoque que dans quelques lignes comment il s’en est sorti seul. Un troisième, prisonnier d’une famille catholique extrémiste, s’émancipe et prend sa vie en main sans qu’on ne vive cette transition avec lui. C’est dommage car la vie personnelle des personnages m’a intéressée au moins autant (peut-être même plus encore ?) que l’intrigue horrifique avec Dévoreuse.

Mais c’est un bémol à prendre avec des pincettes : on peut comprendre que l’auteur n’ait pas voulu écrire un dictionnaire et ait préféré se concentrer sur l’essentiel : la menace qui rôde.

 

Au final, Dévoreuse est une lecture horrifique particulièrement plaisante. Le style de l’auteur est égal à lui-même, toujours aussi efficace. Certains points noirs m’ont vraiment sorti de l’histoire pourtant immersive, mais la qualité finale est bien là !

 

Murphy