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Résumé des Chroniques de la Faucheuse de Mickaël Druart

Mortelles, Mortels,

Peu avenante, la Grande Faucheuse jouit, depuis la nuit des temps, d'une réputation qui ternit, bien injustement, l'énergie d'hommes et de femmes qui s'évertuent, sans relâche, à prodiguer fauchages et agonies de qualité. Aussi, je vous prie de bien vouloir prendre connaissance, au travers du recueil qui suit, de leur quotidien, et des rencontres et péripéties qui le parsèment.

Bien à vous,

Josiane Smith, Secrétariat de la Grande faucheuse.

PS : Pardonnez le sentimentalisme de ma secrétaire. Ce livre c'est mon best of, point barre. Vénérez-moi.

Sa macabre majesté, La Grande Faucheuse.

 

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Mon avis sur Les Chroniques de la Faucheuse de Mickaël Druart

Comment ne pas être attiré par un tel résumé ? Ce "Vénérez-moi" ne pourrait être plus convaincant. Et le voyage ne déçoit pas !

Les chroniques de la Faucheuse propose des nouvelles variées, autant dans leurs idées que dans leurs ambiances. Avec un thème comme la mort personnifiée, je me demandais justement comment les textes pourraient se distinguer les uns des autres et c'est finalement une totale réussite.

On retrouve quelques idées plutôt classiques, comme la fameuse nuit d'Halloween où les morts sont de sortie, mais aussi des approches vraiment originales comme un "musée de la vie" ou encore un "cimetière des vivants" qui prend le contre-pied des histoires habituelles sur le sujet.

Le ton, en général léger et à tout coup décomplexé, traite de la mort avec humour et de la vie avec philosophie. On dit que la lecture détend, c'est d'autant plus vrai avec ce type de textes. Ce qui n'empêche pas chaque texte de proposer son lot d'émotions. Tous les citer serait compliqué, mais pour en lister quelques-uns :

- Avec Mamie fait de la résistance (dont le titre parle de lui-même) et Faute de frappe (où une personne meurt à cause d'une erreur administrative), on retrouve de la pure comédie, qui montre d'ailleurs toute la sournoiserie de la grande Faucheuse.

- La petite fille qui avait fait pleurer la mort, puis La vieille dame qui avait fait pleurer la mort (qui traitent d'une âme fauchée qui aura bien plus à apprendre à son faucheur que l'inverse) apportent une touche plus dramatique, plus sérieuse, mais en même temps toujours poétique et finalement apaisante.

- La plus vieille promesse de Lisa Ritzmaeker (où on découvre la vie d'une écrivain qui n'a jamais été) et Le cimetière des vivants (où les morts, eux aussi, possèdent un cimetière pour honorer ceux qu'ils ont perdus) et leur approche plus sociétale, qui dénonce l'air de rien la place malmenée des femmes ou de l'homosexualité dans notre monde sont parmi les textes qui m'ont le plus surpris. Je ne m'attendais pas à ce type d'approches dans ce recueil et j'aime être surpris.

- Derniers pas (où on découvre le dernier jour du monde) et Les sept derniers jours d'un immortel (où on suit un clone programmé pour une mort précoce) ajoutent une touche SF originale au tout.

Ajouté à ces thèmes et ambiances variées, des personnages haut en couleur, à commencer par la Mort elle-même. Je l'imaginais d'ailleurs bien plus vache que ça, elle m'a presque paru trop sympathique (mais c'était le but de cette œuvre de propagande, comme elle l'explique elle-même ; Josiane a bien fait son travail, l'air de rien !). Mon seul bémol serait tout de même de ce côté : j'aurais aimé plus de passages sur la Grande Faucheuse et Josiane. Si les textes humoristiques sont tous plaisants, aucun n'égale pour moi ce duo improbable qui m’a décroché plus d'un sourire.

En résumé, Les chroniques de la Faucheuse tiennent leur promesse : on découvre chaque texte avec plaisir et on en redemande. C'est une lecture simple et rapide, qui fait du bien au moral tout en abordant des questions plutôt philosophiques sans avoir l'air d'y toucher (et qui questionne sur le sens de la vie de chacun, avec une place de choix pour la passion de l'écriture qui ne pouvait que me parler). On désacralise la mort mais on met surtout en avant la vie et ce que chacun peut faire de la sienne. Une lecture que je recommande à tout fan des genres de l'imaginaire.

Murphy Myers