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Résumé de Ar-men l'enfer des enfers d'Emmanuel Lepage :

Au loin, au large de l'île de Sein, Ar-men émerge des flots. Il est le phare le plus exposé et le plus difficile d'accès en Bretagne, c'est-à-dire du monde. On le surnomme "l'Enfer des enfers".

Mon avis sur Ar-men l'enfer des enfers d'Emmanuel Lepage :

Pourquoi Murphy&Poppy vous parlent aujourd'hui d'une BD ? Outre le fait que nous participons à l'opération "La BD fait son festival" de Priceministrer (en savoir plus : http://www.priceminister.com/evt/la-bd-fait-son-festival) que l'on remercie au passage, nous adorons les BD qui représentent pour nous une fenêtre graphique et narrative sur les imaginaires d'un scénariste et d'un dessinateur. Ici Emmanuel Lepage porte les deux casquettes. 

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A première vue, on a dans les mains un très beau livre. Non mais regardez cette couverture et cette planche !

Emmanuel Lepage nous fait ressentir par ses dessins la violence de la narture et, par contraste, l'isolement de ses personnages, gardins du phare.

Trois récits se mêlent :

- nous suivons Germain, le dernier gardin du phare, qui a choisi de vivre dans ce phare en particulier "au fond du monde" suite au décès accidentel de sa fille ;

- Germain, toujours, qui raconte, au cours de flashback, des histoires du folklore breton (la légende d'Ys, l'Ankou, ...) qui fonctionnent comme des parallèles avec sa propre histoire ;

- et encore Germain qui découvre sur les murs du phare, après avoir essuyé une violente tempête, les écrits de Moises, l'un des constructeurs du phare et son premier gardien.

Lepage replace cette dernière histoire dans un contexte historique en mentionnant donc la difficile construction du phare, projet jugé fou face à la violence de l'océan qui aura mis 15 ans avant son achèvement, mais aussi la seconde guerre mondiale et les lourdes pertes humaines que l'on devine.

Les trois récits font l'objet de couleur et de graphisme différents, permettant au lecteur de se repérer facilement.

Séparé par des décennies, les deux hommes ont en commun leur besoin de solitude et d'isolement suite à des histoires personnelles dramatiques. Le phare, par sa symbolique, apparaît donc comme une étape nécessaire à leurs processus de deuil en même temps que le point de repère aux navigateurs perdus en mer.

C'est dramatique, c'est intense, c'est de l'émotion.

Mais certains éléments m'ont sorties à plusieurs reprises de l'histoire :

- par moment, j'ai trouvé celle-ci un peu confuse, notamment sa fin que j'ai trouvé précipitée ;

- et les parties entre les trois récits ne sont pas équilibrées. Cela m'a un peu gênée.

Toutefois, je recommande sa lecture, ne serait-ce que pour les dessins porteurs d'émotions.

Poppy