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Résumé de La quête onirique de Vellitt Boe de Kil Johnson :

Clarie Jurat a disparu. Nul ne sait où, mais il semblerait qu'elle se soit enfuie en compagnie d'un homme… un homme venu du monde de l'éveil. Au sein du Collège de femmes d'Ulthar, c'est la consternation : pareille fugue pourrait remettre en cause l'existence même de l'institution. Pour Vellitt Boe, le temps est venu d'abandonner ses atours confortables de professeure vieillissante au profit de sa défroque oubliée de voyageuse émérite ; retrouver son élève est impératif. Une quête qui la conduira loin, bien plus loin qu'elle ne l'imagine, d'Ulthar à Celephaïs, au-delà même de la mer Cérénarienne, jusqu'au trône d'une ancienne connaissance, un certain Randolph Carter… 

Mon avis sur La quête onirique de Vellitt Boe de Kil Johnson :

Pour qui connaît un minimum Lovecraft, le titre vous parlera forcément puisqu'il fait ouvertement référence, comme son histoire, à la Quête de Kadath l'inconnue et de notre ami Randolph Carter. On peut sans trop s'avancer en conclure que Kil Johnson est fan du bonhomme -avec des limites comme elle le note dans le court entretien qui clot le livre.

L'idée de ce livre est de prendre un personnage féminin fort et de le faire vivre dans l'univers lovecraftien, les personnages féminins y étant minoritaires, voire inexistants. C'est pourquoi on peut considérer La quête onirique de Vellitt Boe comme le pendant féministe de Randolph Carter.

Notre personnage principal Vellitt Boe, aventurière d'âge mûr, s'est en effet émancipée des hommes. Elle n'en a guère besoin, son objectif de vie étant la transmission de connaissances mathématiques puisqu'elle est professeure dans le Collège des femmes d'Ulthar. Ca, Poppy aime (d'autant plus que Ulthar = chats) !

Mais Poppy a eu peur dès les premières pages. En effet, ma lecture a commencé difficilement, même si on rentre directement dans le coeur du sujet, car j'ai trouvé le traitement beaucoup trop "young adult" et donc cul-cul la praline, comme on dit dans le siècle où je me trouve.
Clarie Jurat a disparu... avec un homme, mettant ses amies dans tous leurs états et émois.
Heureusement, Vellitt Boe enfile très vite ses vêtements d'aventurière et dès que sa quête commence, on est emporté dans cet univers. Difficile de lâcher le livre.

Evidemment, les initiés à Lovecraft prendront plaisir à suivre le personnage dans des territoires, des villes qu'ils connaissent déjà. Et je ne vous parle pas des monstres !

L'écriture est simple et directe.

Les personnages, sauf ceux du début qui ne sont que des caricatures visant au prétexte de l'histoire, ont une certaine profondeur psychologique.

Il y a même une thématique du temps qui passe et du changement que cela implique sur chacun (physiquement, moralement, etc.).

Bon ... il y a quand même quelque chose qui me chiffonne... Dans un bouquin où on veut mettre les femmes en avant, pourquoi utiliser le prétexte de la fuite de Clarie avec un homme, si ce n'est par facilité scénaristique ? Ne peut-on fuir car nous avons soif d'aventure et de découvertes, par curiosité intellectuelle ? La femme a-t-elle besoin d'un homme qui symboliserait sa sécurité pour avancer et oser tourner le dos à sa vie bien sage et rangée ?

Selon moi, l'auteur aurait pu changer ce détail et le personnage de Clarie aurait gagné en épaisseur.

Poppy