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Résumé des Archives des Dracula de Raymond Rudorff :

1876. Trois étudiants en vacances dans les Carpates découvrent dans les souterrains d'un château en ruine la dépouille somptueusement vêtue et couverte de bijoux sans prix de la fameuse comtesse Bathory. L'un de ses doigts porte une chevalière à ses armes dont s'empare le jeune Franz, déclenchant une réaction en chaîne d'où émergeront un monstre et un livre... Comment le terrible vlad l'Empaleur se réincarne-t-il dans l'un de ses descendants pour devenir le sinistre comte décrit par Jonathan Harker dans le premier chapitre de Dracula ? C'est ce que nous révèle ce montage de lettres, d'extraits de journaux intimes et de documents divers présentés comme « l'amont » historique et le fondement du célèbre roman de Bram Stoker. Une pièce essentielle à verser au dossier du prince des vampires.

Mon avis sur Les archives des Dracula de Raymond Rudorff :

Une vraie merveille ! Les archives des Dracula est entraînant et se lit particulièrement vite.

Raymond Rudorff n’a pas fait les choses à moitié et a rendu un vrai hommage au maître des vampires, en utilisant les mêmes procédés et fils conducteurs sans pour autant tomber dans l’écueil d’un simple remake sans saveur. Car l’histoire des Archives est une histoire originale, il ne s’agit pas d’une réécriture ou d’une adaptation, mais d’une préquelle. Et Stoker lui-même aurait sans doute adoré cette genèse respectueuse et réussie de son chef-d’œuvre !

L’histoire construit son propre mystère, page (de journal intime) après page, de personnages intéressants en destins tragiques. On y retrouve même Elizabeth Báthory, élément que j’ai toujours trouvé risqué dans les textes draculéens ; mais ici, aucun défaut à signaler, Báthory ne vole pas la vedette à Dracula, ne rend pas l’histoire abracadabrante et s’intègre sans le moindre problème à la genèse de notre vampire préféré.

Seul défaut, bien mineur : la dernière partie du texte perd un peu de son rythme (tout comme le Dracula de Stoker d’ailleurs) ; mais elle n’en est pas moins passionnante.

En résumé, on retrouve parfaitement l’ambiance sombre et gothique du vrai Dracula, mais dans une histoire nouvelle qui n’a presque rien à lui envier. Dans le même genre, Pacte avec le vampire de Jeanne Kalogridis m’avait déjà bluffé en inventant une préquelle au maître parfaitement réussie et fidèle à son esprit. Les archives des Dracula viennent donc s’ajouter à cette courte liste de reprises réussies (et le mot est faible) de ce mythe littéraire. Si le cinéma traitait Dracula avec autant de respect, sûr qu’on aurait des films bien plus intéressants ces dernières années !

 

Murphy Myers