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Résumé de Lune froide de Dean Koontz :

Pris de démence sous l'influence de la drogue un jeune réalisateur hollywoodien déclenche dans une station-service une apocalypse de feu. En essayant de l'arrêter, Jack McGarvey, un policier de Los Angeles, est grièvement blessé.

Pendant ce temps, dans une région reculée du Montana, Eduardo Fernandez, le père d'un collègue de Jack, voit d'étranges lumières et sent une présence maléfique dans la forêt. Une suite d'évènements de plus en plus inquiétants le conduit inéluctablement vers une confrontation où il risque de perdre la raison et peut être davantage.

Après plusieurs mois entre la vie et la mort, McGarvey décide de tenter un nouveau départ avec sa famille dans le Montana. Là, il va devoir affronter une menace encore plus terrifiante que la violence urbaine.

 

Mon avis sur Lune froide de Dean Koontz :

Les personnages de Lune froide sont assez clichés (le flic Américain mari et père typique, le vieillard isolé dans sa campagne) mais bien traités. Les stéréotypes s’en retrouvent amoindris et bien moins gênants ; ils ne sont pas là par facilité mais s'incorporent réellement dans l'histoire. Si seulement toute fiction clichée procédait ainsi, les stéréotypes en littéraire me dérangeraient beaucoup moins.

L'histoire se met en place avec efficacité, au travers de deux histoires parallèles qui permettent d'alterner scène de la vie quotidienne et moments d'épouvante. D'un côté, on découvre les personnages principaux, Jack, Heather et Toby, dans leur vie de famille, en proie aux angoisses de vivre dans une ville à la criminalité toujours grandissante. D'un autre, on réalise avec le vieil Eduardo qu’une étrange créature rôde dans le coin. L’angoisse monte crescendo et le rythme en ressort grandi.

Mention spéciale : les scènes où l’enfant parle au nom de la créature sont superbement écrites, à la limite du philosophique (car la créature ignore ce qu’est la mort, et cherche à comprendre cette notion). C'est totalement dérangeant et angoissant, bien plus même que les moments de tension qui parsèment le récit. J’ai adoré cet aspect.

Dans la même veine, l’histoire promet quelques éclairs d’originalité en cours de route. Parler par les couleurs, notamment, et le concept, tout simplement, d’une créature venue d’ailleurs qui ne comprend pas l’Humain. Ce dernier point n’est peut-être pas d’une originalité folle en soi, mais c’est très bien traité dans ce roman.

Lune froid est pour moi un presque sans faute... jusqu'aux 20 dernières pages qui gâchent tout. Un nouveau personnage que je trouve très peu crédible sort de nulle part et nous voilà lancer à ses côtés pour la dernière ligne droite. Si cette partie a l'avantage d'être originale, je n'ai pas pu m'empêcher d'y voir une grande facilité scénaristique. Comme si l'auteur n'avait pas eu la motivation de continuer, qu'il avait soudain voulu abréger son texte. Toujours dans ce passage final, on en voit trop à mon goût. Jusque-là, tout était parfaitement dosé, entre angoissante subtile et démonstration surnaturelle plus "visuelle". Ici, toute l'ambiance retombe à plat.

Malgré ces quelques défauts finaux, j’ai adoré ma lecture. On ne voit pas les pages défiler avec ce style simple au possible et ce rythme effréné. Personnages, créature et histoire sont tous aussi bien construits les uns que les autres. Bref, rien à redire de vraiment rédhibitoire au final, sinon le grand final en lui-même...

Murphy Myers