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Résumé de Agence tous crimes de Marc Agapit :

Une femme marche dans les rues d’une ville depuis 15 minutes. Avant ces 15 minutes, elle ne se rappelle plus de rien. Un agent à qui elle demande de l’aide lui indique une agence de l’autre côté de la rue qui pourra l’aider, l’agence T.C.. Et effectivement, ils l’informent de son nom, son état et lui donnent une adresse, son adresse. Elle s’y rend et commence alors un incroyable embrouillamini de visions, d’hallucinations, d’évanouissements, de réveils, d’évanouissements...

 

Mon avis sur Agence tous crimes de Marc Agapit :

Bon, commençons par le commencement : le titre de ce livre est atroce ! Pour ma part, j'ai d'abord pensé à un nanar (L'agence tous risques, même si apparue bien après ce roman, ne doit pas y être inconnue). Ce roman est un bijou de fausses pistes et d'ambiances énigmatiques ; le titre aurait dû refléter ces aspects. Ratage complet de ce côté... Si j'avais croisé un tel titre par hasard, jamais je ne me serais imaginé qu'il s'agissait d'un texte fantastique à tendance horrifique.

Heureusement, la célébrité de l'auteur, Marc Agapit, dans ces genres lui sauve la mise et j'ai donc plongé dans ma lecture sans savoir grand-chose de l'histoire.

Et si le titre est pour moi un complet ratage, le texte, lui, frôle le coup de cœur ! Intrigant dès les premiers mots ; je n'ai pas vu les pages défiler (il faut dire aussi que le livre est particulièrement court). Commencé à midi, sans se presser, terminé à 14h, c'est dire.

L'intrigue est dans un sens prévisible : de nombreuses œuvres utilisent des ressorts similaires (dont 2 films que j'adore mais dont je tairai le nom pour ne rien spoiler). Si ce roman était peut-être original à sa sortie, ce n'est plus le cas à présent. Mais qu'importe ! L'ambiance est si sournoise et pleine de faux-semblants qu'on s'en moque, finalement. On se laisse entraîner avec plaisir et on trouve même quelques surprises et retournements de situation inattendus en cours de route.

J'aime particulièrement la façon dont l'auteur nous garde dans le flou, à l'image de son personnage. Plusieurs fois, l'héroïne retrouve la mémoire... puis l'oublie aussitôt. Pour garder le lecteur dans le flou, la narration n'explique donc jamais ce dont elle se souvient durant ces courts éclairs de lucidité. C'est aussi frustrant que motivant et aucun doute que l'auteur a dû bien s'amuser à se jouer des lecteurs avec ce procédé.

Je pourrais reprocher à cette œuvre de se perdre parfois en cours de route. Des personnages comme celui de Magnan ou de la mère de l'héroïne, par exemple, me paraissent inutiles, sinon pour rajouter quelques pages à l'ouvrage et quelques chutes par-ci par-là. Mais il y a un côté poésie sombre qui ressort de leur histoire, de leur personnalité, qui fait que je n'ai pas trouvé leur présence plus gênante que ça.

 

En résumé : une lecture aussi rapide que géniale, entre énigme, angoisse et poésie sombre. On n'est vraiment pas loin du coup de cœur en ce qui me concerne. Et sûr que je vais vite arpenter les bibliothèques pour trouver d'autres Agapit, en espérant qu'ils soient de la même trempe et, surtout, à la hauteur !

 

Murphy Myers