Les aventuriers de l'imaginaire

11 août 2019

Résurrection 1 - Survivre ! - Myriam Morand

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Résumé de Résurrection 1 : Survivre de Myriam Morand :

« Survivre ! Je dois survivre à tout prix ! »

Une nuit tragique. Une trahison inattendue. Une course haletante… et Ellone embarque de justesse à bord de Résurrection, cet immense vaisseau spatial commandé par les élites de la petite planète Ao dans le but de rallier Pheos, un paradis planétaire vierge. C’est là l’ultime chance de salut pour 270 000 êtres humains de toutes conditions, avides d’échapper à leur monde toxique !

Au fil des mois, la vie s’organise à bord de cette arche, fidèle reflet de la société d’Ao avec, au sommet, ses élites qui protègent leurs privilèges et, tout en bas, ses classes laborieuses qui s’avilissent ou se rebellent.

Au fil des rencontres et des épreuves, Ellone renonce à la candeur de sa jeunesse en se frottant au monde cruel des adultes. Dans les bas-fonds, où le quotidien s’avère de plus en plus pénible, la jeune fille se demande à qui se fier et de qui se défier : cet homme hirsute et fasciné par son joli visage, cette militaire altière au verbe haut, ce garçon protecteur et sa grande famille, cette jeune femme extravertie, et tant d’autres… Avec qui s’allier afin de rester en vie et admirer un jour, pour la toute première fois, un ciel entièrement bleu ?

 

Disponible par ici !

 

Mon avis sur Résurrection 1 : Survivre de Myriam Morand :

Je connaissais déjà quelques écrits de Myriam Morand, qui oscillaient entre comédie et drame sur fond de fantasy. Ici, j'ai retrouvé une qualité toujours au plus haut point et ai découvert avec joie un univers bien plus sinistre que ceux auxquels l'autrice m'avait habitué !

Sans trop en dire, Résurrection enchaîne les coups durs et les coups de théâtre. Après une entrée en matière qui pose le contexte, j'ai été stupéfait par un premier revirement (dès les 50 premières pages!), puis par un second moins de 50 pages plus loin encore. Dès qu'on pense que l'héroïne a touché le fond, l'ambiance se noircit davantage et la tension augmente encore. Moi qui adore me confronter à la noirceur humaine, inutile de dire que j'ai été servi !

Les personnages sont, comme toujours avec madame Morand, fouillés et complexes. J'ai particulièrement aimé les antagonistes, que je me suis fait une joie de détester. Mon unique bémol sera purement subjectif : le personnage de Boruan, un peu à part dans ce premier tome et donc moins atteint par tous les dangers qui se présentent, m'a moins emballé que l'intrigue principale sur Ellone et toutes les épreuves qu'elle subit.

En bref, s'il est difficile de parler de Résurrection 1 sans en spoiler les nombreux revirements, je peux facilement le conseiller à tout fan de SF et de drame. Ce huis-clos géant vous emportera et vous malmènera d'horreur sociale en stupeur totale de la première à la dernière page ! Pour ma part, j'attends déjà la réception du tome 2 pour me jeter dessus.

Cédric Murphy


03 août 2019

Kalia et les réprouves - Myriam Morand

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Résumé de Kalia et les réprouvés de Myriam Morand :

Bienvenue sur la planète Lokandre, ses conventions sociales d’un autre temps… et ses sombres secrets !

Marqués par leur passé, des réprouvés doivent unir leurs forces pour rester en vie. Kalia, intrépide métisse, n’obéit qu’à ses propres règles afin d’exister en marge de la civilisation intolérante. En Ymeralde, la politicienne déchue, bat un cœur chargé d’amertume et de désir de revanche, où l’amour entretient cependant l’espoir. Et pour les beaux yeux noirs de ces femmes fascinantes, Riff le repentant renonce à son devoir.

Résoudre les énigmes qui les hantent pourrait les pousser à franchir de dangereuses limites... Si le trio se pose moult questions et affronte maints obstacles, les chats de Toskalie, eux, agissent selon le mystérieux pouvoir d’une implacable volonté !

Ce livre constitue le quatrième et dernier tome de la saga « Les chats de Toskalie ». Il est fortement recommandé d’avoir lu au moins le tome 3 (« Nattasha et les prétendants ») pour découvrir celui-ci.

 

Disponible ici !

 

Mon avis sur Kalia et les réprouvés de Myriam Morand :

Après un Nattasha et les prétendants qui alternait les genres, Kalia et les réprouvés clôt la saga avec succès, dans un ton plus uni mais pas moins haletant.

Ici, l’intrigue démarre fort. Le prologue à lui seul vaut le détour et l’action ne manque pas durant les premiers chapitres. Je ne spoilerai pas les détails, mais la tension monte vite.

J’ai particulièrement aimé comment l’histoire explore la noirceur de ses personnages. Les héros parfaits ou trop « vertueux », ça n’a jamais été ma passion. Je préfère de loin les personnages nuancés, qui révèlent différentes facettes en cours de route. Et ici, j’ai été servi : le trio de tête s’entre-aide et se tire vers le haut, mais réveille aussi la violence qui sommeille en chacun d’eux. A ce titre, les 2 héroïnes font même parfois froid dans le dos !

Le style, quant à lui, est égal à lui-même : direct, clair et efficace. On reconnait bien la patte de l’autrice et on retrouve avec plaisir une lecture fluide comme à son habitude.

Kalia et les réprouvés ravira les fans de fantasy et de jeux politiques ; alors n’attendez plus pour embarquer aux côtés de nos 3 réprouvés !

Cédric Murphy

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27 juillet 2019

33 récidives - Sylvain Namur

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Résumé de 33 récidives de Sylvain Namur :

Il parait qu'un tueur revient toujours sur les lieux de son crime.

Et s'il voulait expier sa faute mais qu'il empirait la situation par maladresse ? Pire, ceux qui se posent en défenseur du monde n'en sont-ils pas les oppresseurs ? Lorsque la misère, la haine et la maladie ont été lâchées sur le pauvre monde, la pire des abominations ne serait-elle pas d'empêcher l'espoir de sortir de la boîte ?

Si dans le mythe, Pandore a pu libérer l'espoir, qu'en serait-il dans notre monde moderne ?

Et si vous trouviez un remède à la mort ? Une main tendue pourrait-elle vouloir vous étrangler ? Et si un oiseau changeait votre vie ? Et si vous inventiez Dieu ? Et si le prochain arrêt de ce train était votre dernier ?

Ne sortez pas du chemin de ces fables et farces, vous pourriez vous y perdre... 33 récidives, troisième recueil de l'auteur, vous entraînera à nouveau dans des situations étranges, dramatiques ou surprenantes. Et si vous récidiviez ?

Disponible par ici !

Ou encore ici, chez Amazon !

 

Mon avis sur 33 récidives de Sylvain Namur :

Après 39 heurts et J’avais pourtant prévenu, Sylvain Namur récidive avec un troisième recueil. Et j’en profite donc pour en faire autant !

Dans la lignée de ses prédécesseurs, 33 récidives fait encore un pas en avant dans la noirceur humaine, cette fois en délaissant le côté absurde, qui avait une place de choix dans le recueil précédent, et en plongeant davantage dans des récits modernes, sociologiques, voire politiques.

Très tôt dans le sommaire, 2 récits coups de poing nous attendent. D’abord « Reviens », entre folie et désespoir, qui traite d’un deuil inévitable pour tout le monde et pourtant atroce : celui de sa propre mère. Ensuite avec « Le hideux caneton obèse », négatif du « Vilain petit canard » qui mettra vos nerfs à vif. Si le contre d’origine n’était pas des plus joyeux, il finissait bien malgré tout. Ici, abandonnez tout espoir, vous qui entamerez ce texte. Sans surprise, ces 2 nouvelles rejoignent le rang de mes coups de cœur.

Troisième appelé à ce titre, « Histoire indécise » en désarçonnera plus d’un. Ici, on tombe dans l’absurde pur et dur, entre jeux de mots et détours hilarants (c’est d’ailleurs le seul texte comique du recueil, il me semble). Ce récit halluciné ne fera pas l’unanimité, c’est certain. Mais pour moi, c’est une des plus grandes réussites du recueil. Je l’ai lu plusieurs fois, et ne m’en lasse toujours pas. En bonus : derrière l’aspect délirant et les rires, on devine un véritable message sur la littérature ; message que je vous laisse découvrir par vous-mêmes !

Pour varier encore les registres, mon dernier coup de cœur tend cette fois vers le fantastique assumé. « Alex est mort » montre un homme confronté à la meilleure version de lui-même… J’ai adoré le déroulé, tout en simplicité, et l’idée de prendre une métaphore au pied de la lettre.

Sans être des coups de cœur, d’autres textes m’ont ravi – la plupart du recueil, à vrai dire. À défaut de pouvoir tous les citer, je ne mentionnerai que « Soir de fête », entrée en matière qui fait écho aux recueils passés, « Tout ce en quoi croient les hommes », inventif et efficace dans sa dénonciation des religions, « Séparation » qui est sans doute le seul texte romantique à m’avoir convaincu dans toute ma vie (c’est assez miraculeux pour être précisé !), « Mieux », courte incursion en SF sur les revers de l’utopie, ainsi que « ACAB » et « Kaira », duo de nouvelles connectées qui traite du racisme d’une manière cruellement réaliste.

Enfin, « Le voyage en train », avec sa touche poétique, clôt à la perfection ce recueil et cette trilogie.

Vous l’aurez compris, j’ai aimé ce nouveau recueil autant que les précédents du même auteur. Les thèmes sont toujours riches, les approches toujours variées, les genres encore une fois mêlés. Chaque nouvelle parlera d’une manière particulière à chaque lecteur, et c’est ce que j’adore avec ces récits.

Alors, qu’est-ce que vous attendez pour récidiver, vous aussi ? Ne perdez plus de temps à lire cette chronique et procurez-vous 33 récidives (et 39 heurts, et J’avais pourtant prévenu, tant qu’à faire). Avec des nouvelles d’une à deux pages en moyenne, vous vous assurerez des lectures rapides, impactantes, variées et mémorables !

 

Murphy

20 mai 2019

De Ténèbres et de Sang - Frédéric Livyns

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Résumé de De Ténèbres et de Sang de Frédéric Livyns :

Réédition des deux romans de Frédéric Livyns, Danse de Sang et Le souffle des Ténèbres, en un seul volume.

 

Le souffle des ténèbres.

Bryan et Suzy se rendent en Bretagne afin de se ressourcer. A proximité d’un étrange village que Bryan ne connait qu’à travers les récits de son grand-père, ils découvrent les ruines d’un vieux château qu’aucune carte ne mentionne mais que tous les villageois paraissent craindre. Ils décident d’ignorer les avertissements et vont bien malgré eux réveiller la force maléfique qui y sommeillait.

Danse de sang.

Veuve depuis peu, Véronique a l’étrange sensation de toujours ressentir la présence de son époux. En cherchant des réponses à ses questions, elle va libérer un démon aussi ancien que le monde lui-même : le Dévoreur.

Disponible ici !

 

Mon avis sur De Ténèbres et de Sang de Frédéric Livyns :

Encore merci à l’auteur pour sa confiance avec ces 2 textes en 1. J’ai d’abord pensé faire une chronique distincte pour chacun de ces 2 textes mais j’ai finalement décidé d’opter pour une chronique « 2 en 1 » pour éviter de me répéter d’un récit à l’autre. Car, en effet, mon avis est presque exactement le même pour les 2 !

Pour cause, tous deux présentent des histoires distinctes mais paraissent pourtant dans la continuité l’un de l’autre. Même ambiance, mêmes thèmes, mêmes ressorts, même schéma.

Ce qui est à la fois une force et une faiblesse à mes yeux. Une force car le fan d’horreur sera en terrain connu et trouvera sans problème ce qu’il cherche dans ce genre de récits : du rythme, de la noirceur, des créatures monstrueuses. Une faiblesse car, pour peu qu’on enchaine les 2 textes sans pause, on finit par déplorer un manque d’innovation, de surprises. En bref, l’histoire va là où on l’attend, ce qui remplit parfaitement le « minimum syndical » du genre mais empêche de le transcender.

Hormis ce bémol, ces 2 lectures se font sans déplaisir. On y suit la confrontation de messieurs et mesdames Tout-le-monde avec des entités sanguinaires. D’une part, on s’identifie facilement aux personnages par ce côté « lambda » justement. D’autre part, des thèmes forts comme le deuil se mélangent avec efficacité à l’intrigue surnaturelle et renforce notre empathie pour ces héros malmenés.

Les 2 histoires sont rythmées et se lisent vite (environ 150 pages chacune), d’autant que l’intrigue démarre quasi dès la première page à chaque fois.

J’ai tout de même une préférence pour Danse de sang, où le traitement du thème du deuil m’a paru plus abouti, là où il est plutôt en retrait dans Le souffle des ténèbres. Véronique étant l’unique héroïne de Danse de sang (là où Bryan et Suzy se partagent la vedette dans Le souffle des ténèbres), elle m’a aussi paru plus fouillée et intéressante. Bien sûr, elle n’est pas vraiment seule dans son enfer personnel mais elle garde une position centrale jusqu’au bout.

Enfin, les 2 textes utilisent des ambiances surnaturelles que j’aime beaucoup. D’un côté, l’univers du vaudou, d’un autre, la légende de l’Ankou, étrangement peu utilisée en fictions horrifiques alors qu’elle a un potentiel monstre en la matière (sans mauvais jeu de mot) ! L’auteur amène une touche originale avec ces univers trop souvent oubliés des fictions du genre (combien de films sur des possessions chrétiennes sortent chaque année ?).

En résumé, De ténèbres et de sang constitue une lecture horrifique sympathique et rapide, qui se suit avec plaisir et sans prise de tête.

Cédric Murphy

11 mai 2019

Ghost story - Peter Straub

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Résumé de Ghost story de Peter Straub :

Les quatre vieux messieurs respectables passaient leurs soirées à se raconter de fabuleuses histoires de fantômes. Depuis la disparition d'un des membres de leur club dans des circonstances étranges, ils se sentaient menacés; perdaient le sommeil: ils allaient bientôt se trouver impliqués dans la plus hallucinante histoire de réincarnation qui se puisse imaginer...

 

Mon avis sur Ghost story de Peter Straub :

3e Straub que j'essaie, 1er où j'arrive à dépasser 50p de lecture (et même à terminer). J'ai été entraîné dès le début, avec cette intro particulièrement étrange et mystérieuse.

Les personnages ne sont pas d'une originalité folle mais ils arrivent à nous intéresser malgré tout. L'hommage à l'horreur classique est superbe : par exemple, avec le personnage nommé James qui narre une histoire de hantise en tous points semblable au Tour d'écrou, écrit par... Henry James.

La suggestion, l'étrangeté, l'épouvante sont excellents ! Le concept est finalement assez classique mais non moins plaisant.

Cependant, il y a beaucoup de longueurs. On aurait pu supprimer la moitié du livre et des personnages et conserver l'essentiel intact. Ajouté à cela quelques aspects qui vieillissent mal : qu'une femme soit tuée (même par accident) parce que l'impudente a osé se déshabiller en présence d'hommes qui sont, en conséquence, choqués à l'excès... difficile de s'y retrouver de nos jours dans une telle situation. De plus, ça donne l'idée que l'auteur n'a pas osé noircir ses personnages principaux : leur mauvaise action était un accident, et puis d'abord, la femme concernée n'était qu'une aguicheuse ! Mouais....

Reste une lecture entrainante, longue mais intéressante. Ça me redonne espoir par rapport à cet auteur, tellement vanté et avec lequel je n'arrivais jusque-là jamais à accrocher. Sur 4 livres qu'on m'a offerts de lui, il m'en reste un à tenter. En espérant qu'il soit de la même trempe que Ghost story... Affaire à suivre.

Murphy

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