Murphy & Poppy

16 décembre 2017

La geste du sixième royaume de Adrien Tomas

L'heure des fantômes

 

 

Résumé de La geste du sixième royaume de Adrien Tomas :

Les cinq royaumes : des nations turbulentes et ambitieuses souvent en guerre. Au coeur des terres, un sixième royaume : la Grande Forêt légendaire, impénétrable et hostile. Dans les maisonnées de Sélénir, dans les cases de Val ou dans les yourtes des nomades des steppes de Khara, le soir au coin du feu, on raconte aux enfants la légende suivante : tes rêves, tes cauchemars comme les créatures fantastiques des contes que tu aimes tant peuplent le sixième royaume.

Alors, pourquoi un baladin perdu, une belle sorcière aux terribles pouvoirs endormie depuis cinq cents années, un jeune voleur des rues amoureux, un demi-nain commerçant débonnaire et un homme-loup monstre de foire se retrouvent attirés par la Grande Forêt ?

Que découvriront-ils ? La fin d'un monde ? Le sang et les larmes ? L'amour et la tragédie ?

La Geste du sixième royaume raconte avec un rythme effréné les destinées de ces héros malgré eux, semées d'embûches, de pièges, de doutes, de découvertes incroyables et de magies insaisissables.

Mon avis sur La geste du sixième royaume :

Adrien Tomas entraîne le lecteur dans un univers de fantasy où deux aspects, deux concepts abstraits du monde s'affrontent. Le clan du Père dont le but est de préserver la Nature versus le clan de l'Autre dont le but est que la Technologie progresse, au détriment évidemment de la Nature. De prime abord, cela m'a énormément fait penser au manga X du studio Clamp. Cependant, ne voyez dans cette histoire rien de manichéen (ou très peu).

Adrien Tomas écrit ici une histoire de fantasy plutôt "basique" mais qui se déroule dans un univers très développé. Un énorme travail a été fait par l'auteur pour détailler le background de l'univers via les Histoires des différents royaumes.

Par contre, l'histoire comme les personnages ne sont guère surprenants. Les personnages, même si motivés par leurs propres aspirations et intérêts à prendre part à la confrontation des deux aspects du monde, sont prévisibles et stéréotypés. Ils sont d'ailleurs nombreux, trop pour moi, chaque clan se dotant de 5 Héraults, pour chaque hérault, son opposé dans le clan adverse. A ces personnages s'ajoutent ceux qui vont graviter autour d'eux : princes, princesses, politiques, chamanes...

Cettes multiplication de personnages va tout de même permettre au lecteur de voir un même événement à travers des yeux différents, éclairant les enjeux et les intrigues différemment. Si parfois j'ai trouvé la répétition d'un même événement, d'une même information ennuyeuse, je n'ai pas du tout accrochée lorsqu'un événement était décrit en seulement deux ou trois phrases. Il m'a donc semblé y avoir un déséquilibre entre des descriptions d'événements détaillées, lourdes et d'autres événements, importants, que l'auteur a choisi de balayer en quelques mots. Dommage.

Globalement, et contrairement à moultes avis présents sur la toile - qui m'ont poussée à lire ce roman, je ne l'ai pas particulièrement aimé.

J'ai aimé la première partie, où l'on découvre les personnages, leur quête, leurs histoires -toujours prévisibles, ceci dit. Mais cela m'a fait l'effet d'un soufflé: on veut en savoir plus et soudain ... le drame. On n'arrive plus à se concentrer sur les batailles, les comportements sonnent creux, les dialogues des personnages se contredisent parfois.

Ma chronique semble plutôt négative mais elle ne révèle que ma déception. Peut-être que si le roman avait été plus court, la sauce aurait prise pour moi. J'ai lu Notre dame aux écailles du même auteur qui me semble plus abouti (bon, plus court aussi), dans un univers un peu différent mais qui m'a réellement enchantée.

J'imagine qu'Adrien Tomas évolue en style, en univers, dans la conception de ses personnages. C'est pour cela qu'il faut garder un oeil sur lui. A mon sens, il a le talent d'un très grand auteur.

Poppy

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09 décembre 2017

En bonne compagnie de Carlos Fuentes

en bonne compagnie carlos fuentes

Résumé de En bonne compagnie de Carlos Fuentes :

Le jeune Alejandro de la Guardia quitte Paris pour Mexico, où l'attendent ses deux vieilles tantes revêches qui cohabitent sans se parler ni se croiser dans une antique demeure délabrée à l'odeur de moisi. Elles le mettent en garde : personne à l'extérieur de la maison ne doit savoir si elles sont mortes ou vivantes.

Entre contes gothiques et fantastiques, le grand maître de la littérature mexicaine mène son lecteur par le bout du nez dans un univers inquiétant. Qui sont les morts, qui sont les vivants?

Mon avis sur En bonne compagnie :

 

2 nouvelles qui nous font entrer dans l'univers de Carlos Fuentes. La première "En bonne compagnie" est celle à laquelle j'ai accroché autant au niveau de l'histoire, des personnages que de l'ambiance. Cela n'est pas vraiment le cas pour la seconde nouvelle "La chatte de ma mère", même si on retrouve des thèmes similaires, notamment celui de la maison, à priori lieu-refuge qui se transforme en un lieu inquiétant. A travers les histoires et les fantômes qu'elle abrite, la maison devient un endroit où nos héros rêvent de s'échapper ... Evidemment, dès lors qu'ils comprennent où ils ont mis les pieds, il est déjà trop tard.

D'ailleurs, dans la première nouvelle, les tantes d'Alejandro sont tout à fait spéciales et effrayantes : chacune est l'opposée de l'autre, en terme psychologique et physique. L'une est solaire, l'autre lunaire, pour simplifier. Elles auront pourtant un même objectif (glauque évidemment) que vous découvrirez quand vous lirez la nouvelle ;)

 

Même si j'ai aimé cette nouvelle, je n'ai pas pu m'empêcher de penser au film "Les autres" qui développe des questions identiques : en fin de compte, qui sont les morts ? qui sont les vivants ?

Pour "En bonne compagnie", il m'a toutefois semblé que plus l'histoire avance, plus elle devient floue. Effet voulu de l'auteur ? Honnêtement, je ne saurai dire. Mais pour le prix, 2 euros, il ne faut pas passer à côté. Vous passerez à coup sûr un bon moment de lecture et vous serez évidemment en bonne compagnie.

 

Poppy

 

 

02 décembre 2017

39 heurts - Sylvain Namur

Sylvain Namur

Résumé de 39 heurts de Sylvain Namur

Comment surmonter la perte d'un enfant qui vit encore ? Que fait votre mère quand elle ne répond pas au téléphone ? Comment réagir face à un monstre qui vous ronge mais exauce vos souhaits ? Que faire si vous devez choisir entre vos deux enfants ? Vous, comment feriez-vous ?

39 heurts, c’est 39 nouvelles qui vous emmèneront sur des sentiers aussi merveilleux qu’horribles, qui dépeignent notre monde dans toute sa noirceur et nous force à regarder en face nos pires contradictions.

Retrouvez 39 heurts sur Amazon !

 

Mon avis sur 39 heurts de Sylvain Namur

39 heurts mélange tous les genres pour 39 nouvelles on ne peut plus variées, pour des textes en génréal d'une à trois pages seulement !

Le recueil donne tout de suite le ton avec une première nouvelle efficace et surprenante qui se joue des apparences. Le final de « L’homme heureux » n’en est que plus puissant. Le second texte, « Céline », vient à nouveau renverser nos attentes. Ce sinistre thriller psychologique s’avère plus imprévisible qu’on ne le croit.

Il serait difficile de parler de chaque texte séparément : la chronique serait longue et spoilerait bien trop de choses. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’entre philosophie et noirceur humaine, ces 39 heurts nous emmènent sur des sentiers familiers et pourtant surprenants.

Toutes les nouvelles ne seront pas au goût de tous. J’ai eu du mal avec les quelques textes « tranches de vie », littérature blanche par excellence qui n’a jamais été mon genre favori, par exemple.

Au début de chaque texte, j’ignorais si j’allais aimer ou non. J’ai d’ailleurs été surpris d’adorer des textes qui sortent pourtant de mes genres de prédilection. Entre autres, « Désirs d’enfants » et son côté dénonciateur sur notre société, « Misère » et son ironie grinçante, « Le coup de fil » qui relate le cauchemar de tout enfant et « Promesses d’avenir » qui se joue du destin, m’ont particulièrement plu.

D’autres textes ont carrément été de vrais coups de cœur. Pour n’en citer que quelques-uns, hormis les deux premiers dont j’ai déjà parlé, je ne me lasserai jamais de relire « N’attends pas » et sa poésie tragique, « La date » et sa SF philosophique, « La bête », fable impitoyable, ou encore « Machine à café » et son humour absurde.

En plus de figurer parmi mes textes préférés, ils montrent la variété des genres proposés dans ce recueil.

En bref, vous adorez les nouvelles de Buzzati ou encore les idées poétiques de Bradbury ? 39 heurts trouve son inspiration dans ces  auteurs classiques, comme autant d’hommages aux récits qui brouillent les frontières et sortent des cases, tout en trouvant son propre style de fable moderne. Un recueil à découvrir pour qui voudrait varier les plaisirs et sortir de sa zone de confort.

Murphy Myers

 

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25 novembre 2017

L'heure des fantômes - Anthologie de Jean-Pierre Croquet (frissons en perspective)

L'heure des fantômes

 

Résumé de L'heure des fantômes - Anthologie de Jean-Pierre Croquet :

"Je ne crois pas aux fantômes. Mais j'en ai peur. " On a beau les mettre à l'écart dans un cimetière, les enfouir dans la terre profonde, disperser leurs cendres aux quatre vents, les morts ne s'en vont jamais. Leurs fantômes continuent de vivre dans notre mémoire. Et le meilleur moyen de s'accommoder de leur présence est peut-être de les enfermer dans des histoires... Or, il n'est pas de terre plus propice aux apparitions des ombres, de pays plus accueillant aux esprits inapaisés que l'Angleterre et ses Îles. Sur ces landes brumeuses, dans les solitudes des Hébrides, sur les étendues vertes d'Irlande, dans les manoirs de briques rouges ou dans les ruelles obscures de Londres, c'est toujours " l'heure des fantômes " ! Tour à tour terrifiants ou pathétiques, décidés à se venger ou à réparer un acte atroce, ils reviennent du " pays dont nul voyageur n'a repassé les frontières " pour nous dire que la mort est la chose la mieux établie et... la plus incertaine ! Des histoires à frissonner, aux odeurs de feu de bois et de tourbe, à savourer en dégustant une tasse de thé ou un bon whisky...

Mon avis sur L'heure des fantômes :

Cette anthologie propose 18 nouvelles de fantômes, écrites par des écrivains dont les noms ne vous sont pas inconnus (Le Fanu, R.L. Stevenson, Arthur Machen, Arthur Conan Doyle, etc.) et par d'autres plus "discrets", dirons-nous.

Pour qui est habitué à la lecture de telles histoires ou est amateur de films fantastiques, les nouvelles sembleront en général prévisibles. Que cela concerne les raisons pour lesquelles le fantôme apparaît (recherche le repos, demande justice ou bien "revit" inlassablement ses derniers moments, etc.) ou bien les lieux d'apparition (manoir, bâteau, lande anglaise, vieil hôtel...).

Il me semble même que les fantômes en eux-même ne vous feront pas dresser le moindre cheveux sur la tête (désolée pour ceux qui n'en ont pas 😱 mais qui, du coup, ne me contrediront pas 😝). Bref, pour l'habitué, rien de bien innovant ici.

Pourtant, cette anthologie vaut absolument le coup !

Oserais-je avouer que trois de ces nouvelles m'ont provoqué des cauchemars, les nuits suivant leur lecture ? Soyons fou puisque c'est pour la bonne cause : ces textes, mêmes prévisibles, sont d'une efficacité extrême.

Leur ambiance, la façon dont les événements se déroulent, la façon de décrire la rencontre entre les fantômes et les personnages (sans parler des illustrations super inquiétantes de Roland Sabatier - brrrr) vous feront froid dans le dos.

Pour certaines nouvelles, j'ai trouvé beaucoup plus inquiétant les personnages de chair et de sang. J'ai découvert des personnages malades, fous, nombrilistes mais coquets s'il vous plaît, des personnages qui aiment raconter des histoires au détriment de la santé mentale de leur interlocuteur, d'autres qui préfèrent cacher la vérité au détriment de la vie de leur semblable. 

Bref, mentions spéciales à deux nouvelles (bizarrement la plus longue et la plus courte) : La fenêtre ouverte de Saki - pour son twist final, et L'appel des cloches de Aickman, pour son ambiance particulière et parce qu'elle pourrait facilement être portée à l'écran (ah j'imagine déjà un film en noir et blanc à la manière des films des années 60 😍).

Cet ouvrage est une petite perle qui permettra de se rendre compte de l'héritage de ces "ghost stories" dans nos divertissements contemporains. On n'a rien inventé. Mais là n'est pas (totalement) notre sujet.

 

 Poppy

18 novembre 2017

Horreur et fantastique : pour en finir avec les faux synonymes

Débat 1 - Horreur et fantastique

À errer du côté des films et livres d'épouvante et fantastique, j'ai remarqué quelque chose de particulier : une grande majorité considèrent qu'horreur et fantastique sont le même genre. Intrigué, j'ai tenté de fouiller un peu pour comprendre. Car pour moi, il s'agit bien de deux choses distinctes. Alors comment expliquer cette fusion aux yeux de nombreux fans ? J'ai repéré 4 hypothèses plus ou moins reliées(+ 1 fausse hypothèse, saurez-vous la reconnaître ?) pour expliquer ceci.

 

Avant tout, pourquoi Horreur et Fantastique sont deux genres distincts à mes yeux ?

Pour répondre de façon concise, des exemples s'imposent :

Misery et Haute tension : vous connaissez sans doute le premier, au moins de nom, peut-être pas le second. Ces deux livres/films sont clairement horrifiques, et en rien fantastiques.

L'un montre un écrivain torturé par une fan, l'autre suit une femme en proie à un tueur qui a enlevé son amie. Pas de surnaturel en vue. Par contre, le sang, la terreur et la tension sont bien là. On est donc bien face à des œuvres horrifiques. Ce serait dur de le nier.

haute tension

Haute tension (à ne surtout pas confondre avec Hyper tension !)

 

Harry Potter et Le fantôme de Canterville : encore deux exemples assez connus, au point que les résumer serait inutile. Ici, c'est tout l'inverse de Misery, le surnaturel est partout, l'horreur beaucoup moins. Bien sûr, certains diront que Voldemort n'a pas totalement la tête d'un bisounours, mais de là à catégoriser cette saga d'horrifique...

Le fantôme de Canterville va même plus loin puisqu'il s'agit d'une comédie ! On suit les galères d'un fantôme qui n'arrive pas à effrayer les habitants de sa maison. Cette parodie surnaturelle ne pourrait pas mieux montrer que fantastique et horreur ne sont pas siamois.

 

D'accord, la différence est claire. Mais alors, d'où vient la confusion?

Je ne garantis aucune réponse en la matière, mais j'ai pu trouver quelques pistes, au gré des recherches et discussions avec des fans de littérature et de cinéma.

 

1- Les deux genres ont un ancêtre commun : ou le fantastique selon Lovecraft

Pour Lovecraft, "La plus vieille et la plus forte émotion de l’humanité est la peur ; et la forme de peur la plus ancienne et la plus forte est celle de l’inconnu". Et quoi de plus inconnu que des forces étranges, surnaturelles, venues d'ailleurs ? En bref, pour Lovecraft, le fantastique doit provoquer la peur.

Il a excellé en la matière et n'a pas été le seul : Edgard Poe, Bram Soker, Sheridan Le Fanu, Théophile Gautier, Arthur Machen, Robert Bloch, Henry James, Jean Ray, E. T. A. Hoffmann, Guy de Maupassant, Graham Masterton et bien d'autres maîtres de toute époque l'ont prouvé.

Ainsi, horreur et fantastique ont une histoire commune assez forte et toujours aussi présente de nos jours. Et même s'ils sont distincts, force est de constater qu'ils font bien la paire ! Mais est-ce suffisant pour mélanger les deux ? Eros et Thanatos sont aussi très proches et pourtant, personne ne confond Sexe et Mort.

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Nosferatu, parfait exemple de terreur fantastique

 

2- Pour aller plus loin : Le fantastique d'origine était horrifique... et non fantastique !

Plus sur le versant de l'épouvante que de l'horreur, à vrai dire, le fantastique puise ses origines dans des récits gothiques... rationalisés !

C'est-à-dire qu'on nous narre une histoire d'épouvante à base d'entités maléfiques et de fantômes. Et qu'en conclusion, on nous apprend qu'il n'en était rien ! Le fantôme n'était qu'un costume, les apparitions une hallucination. Un retournement de situation à la Scooby-doo et le tour est joué. 

Cet aspect a ensuite connu quelques mutations. D'une part, avec des textes qui s'en défont totalement (Dracula reprend les codes du livre gothique mais assume totalement son aspect surnaturel) et qui représentent le Fantastique moderne selon moi. D'autre part, avec le "fantastique ambigu". C'est-à-dire qu'à la fin de l'histoire, on ignore toujours si on a bien lu un récit fantastique ou si le personnage était simplement fou.

C'est le cas du célèbre Horla de Maupassant. L'histoire joue sur la terreur provoquée par l'intrusion d'une entité chez le narrateur. Mais est-ce la réalité ou un délire ? Au final, on retrouve donc un texte fantastique où le fantastique est incertain mais où l'horreur et la terreur sont bien présentes !

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Scooby Doo, parfait exemple de fantastique rationalisé. (Oui bon, on fait avec les exemples qu'on trouve !)

 

3- Quand de l'horreur n'est pas surnaturelle, on la qualifie par un autre terme : thriller, thriller psychologique, survival, slasher, gore, etc.

Le silence des agneaux ? Un policier. The strangers ? Un home invasion. Misery ? Un thriller psychologique. Haute tension ? Un thriller survival à tendances gores. Saw ? Pareil, à tendances gores aussi dans ses suites inutiles. Halloween ? Un slasher. Scream ? Un "méta" slasher whodunit. Les Vendredi 13 ? 42 slashers interminables. La dernière maison sur la gauche ? Un rape and revenge.

En revanche, Les griffes de la nuit, L'exorciste, Nosferatu ? On en parlerait autant comme de films fantastiques que comme des films d'horreur. On peut préciser selon le film (Les griffes de la nuit est un slasher au même titre que Halloween). Mais on aurait plus tendance à parler d'horreur en général, alors qu'on préciserait plus souvent, pour Halloween, qu'il s'agit d'un slasher.

Cette supposition ne me convainc pas entièrement. Le slasher est un sous-genre de l'horreur ; par définition, dire qu'un film est un slasher suppose donc qu'on sait que c'est un film d'horreur.

En revanche, force est de constater que l'horreur n'est pas forcément reconnue dans les thrillers et policiers qui l'utilisent. Pour moi, Le silence des agneaux est autant un film d'horreur qu'un policier. Mais c'est effectivement le côté policier qu'on nous vend en général ; l'horreur est relayée à un composant de l'ambiance. Ce qui rejoint d'ailleurs la dernière hypothèse de l'article (quel suspens !)...

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Les films Evil dead = Fantastique, Horreur, Survival, Film de possession démoniaque, Film de zombies, Film de voyages dans le temps, Comédie, Gore, Slasher... Vu comme ça, on comprend qu'on puisse s'y perdre !

 

4- L'horreur fantastique reste quand même le meilleur mélange de genres imaginable!

Quoi ? Comment ça, ça compte pas comme un vrai argument ? Vraiment ? C'est nul !

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Franchement, vous connaissez une histoire d'épouvante plus efficace que Ju On, vous ? Bon d'accord, là sur l'image, elles jouent à "Devine qui c'est ?" mais c'est pas une raison !

 

5- Le fantastique comme genre d'ambiance et non pas d'histoire?

C'est l'une des réponses qui m'a le plus surpris. Et finalement, c'est peut-être l'explication qui me convainc le mieux.

La confusion ne viendrait pas d'une confusion de genres, mais d'une divergence de définitions des genres susnommés (parfaitement, il m'arrive de parler de façon distinguée par moments !).

 

D'un côté, donc, "ma" définition (et celle d'autres fans de fantastique/horreur qui me permettent de me sentir moins seul) :

- le genre horreur est un genre d'ambiance : on peut l'appliquer à tout type d'histoire (fantastique, SF, fantasy, romance, historique, etc.). L'horreur vise à effrayer, épouvanter, estomaquer ou dégoûter et passe, pour ce faire, par l'ambiance du récit, non pas par ses éléments concrets.

- le genre fantastique est un genre d'histoire : il est définit par l'histoire elle-même. Il y a un vampire avéré dans votre livre ? Alors c'est par définition du fantastique (si ledit vampire vit dans notre monde et a eu ses pouvoirs de façon surnaturelle, sinon on parlera de Fantasy ou Science-fiction, mais ça, c'est une autre affaire). L'ambiance peut varier (horreur ou comédie par exemple), mais les éléments fantastiques sont forcément présents.

 

vampire

Le vampire, par sa simple présence dans notre monde, suppose du Fantastique mais pas forcément de l'Horreur.

 

De l'autre côté, la définition de personnes à qui j'ai pu parler de ce sujet, et qui expliquerait le mélange :

- le genre horreur garde la même définition

- le genre fantastique, en revanche, est cette fois un genre d'ambiance (au même titre que l'horreur donc). Le fantastique possède des procédés qui lui sont propres mais qui ne sont pas concrets, pas palpables dans l'histoire (par exemple, une histoire écrite sous forme de journal intime, qui met l'accent sur le mystère et la tension psychologique).

De ce point de vue, effectivement, les deux genres se rapprochent au point même de fusionner : les deux relèvent de l'ambiance et non des faits, les deux visent la terreur et la tension. Ainsi, Frankenstein, à mes yeux de la pure Science-fiction (et d'ailleurs un précurseur du genre... du genre SF je veux dire) est vu par certains lecteurs comme du fantastique. Le procédé est effectivement typique des classiques du genre (le genre Fantastique cette fois, et oui, il faut suivre !) : on y retrouve une histoire narrée à la première personne, qui met l'accent sur une terreur issue d'éléments hors normes et non naturels.

 

Pour résumer, l'horreur et le fantastique ont un ancêtre commun, le fantastique d'origine était horrifique et non fantastique, l'horreur non surnaturelle a d'autres appellations, le fantastique peut être vu comme un genre d'ambiance et, de toute façon, horreur et fantastique resent le meilleur mélange de fiction immaginable (j'insiste !).

Je continuerai, pour ma part, à distinguer les deux ; pour les romans que j'écris, je précise d'ailleurs toujours "Horreur/Fantastique", "Épouvante/Fantastique" ou "Thriller/Fantastique" selon les déclinaisons. Non pas pour hypnotiser les gens et faire entrer dans leur inconscient que mes récits sont fantastiques et géniaux, mais pour bien montrer qu'ils sont Fantastiques, dans le sens surnaturel du terme, et Horrifiques (ou variantes).

 

Et vous, faites-vous la distinction des deux genres ou pas du tout ? Pourquoi ? Comment ? Où est passé le sel ? Qui a volé l'orange ? Comment ça, je m'emballe sur les questions ?

 

Murphy Myers

 

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