Murphy & Poppy

22 septembre 2018

Les pantins marionnettistes 2 - Samantha Cortenbach

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Résumé des Pantins marionnettistes 2 de Samantha Cortenbach :

Deuxième et dernier volume des Pantins Marionnettistes, le diptyque grand-guignolesque d'une vendetta de masse.

Braham, 1939.

Après le drame du château des Roches, Christian s’est réfugié sur l’île de Braham. Il y retrouve une flopée d’anciens ennemis, réunis là-bas pour refonder la congrégation. En quête de vengeance, il s’entoure d’un groupe d’alliés aux multiples compétences : la communauté. Mais l’imminence de la guerre précipite le départ de leurs ennemis. Pour les retenir de force, ils établissent un plan redoutable, visant à isoler l’île du reste du monde. Par un jeu de manipulation des masses et de falsification de l’information, la communauté grandira jusqu’à s’étendre à l’île entière, pour la plonger dans une psychose collective, qui finira par gagner ses instigateurs...

Disponible ici !

 

Mon avis sur Les pantins marionnettistes 2 de Samantha Cortenbach :

Avec ce deuxième tome, on embarque à nouveau dans l'univers déjanté de Samantha Cortenbach. Ici, les choses m'ont paru plus posées, plus "matures" en un sens ; mais j'imagine que de savoir dans quoi je m'embarquais y joue beaucoup ; je savais déjà plus ou moins où on voulait me mener cette fois. La bonne surprise du tome 1 a donc laissé place au plaisir d'aller au bout de ces aventures rocambolesques (et le mot est faible) en étant conquis d'avance.

L'idée de la manipulation des masses est sans doute celle qui m'a le plus parlé dans cette lutte stratégique (et physique) ; en plus du plaisir de suivre une histoire qui ne se prend pas au sérieux, on décèle un fond de philosophie, ou de morale malgré tout. Rien de révolutionnaire (on sait tous comment fonctionne les foules et à quel point on les manipule facilement) mais c'est très plaisant et mené de façon excellente ! De ce point de vue, les 2 premières parties de ce tome (car il est coupé en 4) sont probablement mes préférées de ce diptyque.

Côté bémols : mon personnage préféré du tome précédent, Andréa, ne fera qu'une apparition très réduite (on ne reviendra à son époque que dans le dernier quart de l'histoire). C'est ce personnage qui m'avait ferré et donné envie de continuer ma lecture dans le tome 1 ; aussi j'espérais pouvoir vite la retrouver ici (ne pas la revoir en fin de tome 1 étant l'un des rares défauts que j'attribuerais aux Pantins marionnettistes). Heureusement, le talent de Samantha Cortenbach nous fait vite oublier cette petite frustration : les autres personnages ne sont pas en reste, on fouille la personnalité de ceux que l'on connait déjà, on en découvre d'autres. La palme revient pour moi à la sorcière Sarah, tordue et barrée (à l'image de toute cette histoire, me direz-vous), que j'ai simplement adorée !

Enfin, impossible de chroniquer une telle œuvre sans revenir sur son style unique. Certes, on se dit parfois que quelques coupes auraient fait du bien à l'histoire et que telle ou telle digression n'est pas primordiale ; un bon quart en moins n'aurait pas fait de mal à nos chers Pantins. Mais c'est dans un sens aussi ce qui fait tout le charme de cette écriture : impactante quand il faut, déjantée sans modération, bavarde dans le bon comme le mauvais sens du terme.

Le plaisir l'emporte le plus souvent, reste à voir ce que donnera d'éventuelles futures histoires signées Cortenbach. Affaire à suivre (de près).

 

Murphy Myers


15 septembre 2018

L'appel de Cthulu - HP Lovecraft

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Résumé de L'appel de Cthulu de HP Lovecraft :

Boston, 1926. Suite au décès, dans des circonstances étranges, de son grand-oncle, Francis Thurston découvre dans les documents dont il hérite l’existence d’une secte vouant un culte à une créature innommable, endormie depuis des millions d’années.

 

Mon avis sur L'appel de Cthulu de HP Lovecraft :

Comme toujours avec Lovecraft, l'ambiance terriblement efficace ! Est-il encore besoin de le préciser vu la renommé du maître de l'effroi ?

L'appel prouve encore une fois que l'auteur débordait d’idées délicieusement angoissantes. Ici, les rêves similaires de plusieurs personnes concernant le réveil d’un être ancestral, le « sabbat » de la secte qui veut le réveiller et j’en passe pour vous laisser quelques frayeurs inconnues. L’atmosphère terrifiante est bel et bien au rendez-vous, et montre d’un cran à chaque nouveau témoignage.

Reste une narration inutilement compliquée qui a gâché mon plaisir : un personnage trouve les documents de recherche d’un autre (un chercheur) et résume donc lesdites recherches. Il résume ainsi aussi ce que l’autre personnage a lui-même résumé de ses entrevues avec divers témoins. Un résumé d’un résumé de différents témoignages résumant les faits, donc… Vous suivez ? Soit, ça fait penser aux légendes urbaines (un ami d’un ami d’un ami a vu un fantôme !), mais c’est aussi à mon sens inutilement complexe. Il aurait suffi de nous faire lire les notes du personnage chercheur telles quelles. Je sais que c’est une spécialité de l’auteur que ce procédé. Et d’habitude je suis fan et je recherche toujours des textes travaillés de cette façon. Mais ici, je trouve le ressort utilisé à l'excès.

 

Cela ne m'empêchera pas de récidiver dans mes lectures lovecraftiennes. Je n'est à ce jour lu qu'une petite trentaine de ses nouvelles et novellas et je compte bien dévorer l'intégrale tôt ou tard pour retrouver cette ambiance singulière qu'il savait distiller dans ses textes. Affaire à suivre dès que j'aurais mis la main sur d'autres horreurs du maître.

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08 septembre 2018

Dédale - Alexy Soulberry

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Résumé de Dédale d’Alexy Soulberry :

La porte était close. Une fois encore. Était-ce la même, était-ce une autre ? Je ne savais plus. J'avais faim et soif, et ce n'était là qu'une question accessoire – mais cela, je ne le savais pas encore. Sinon, si je l'avais su, peut-être me serais-je immédiatement recroquevillé devant cette putain de porte – close. J'aurais chialé et je me serais laissé mourir, pour autant qu'un être humain puisse accepter de lui-même une telle chose, crever. J'aurais compris l'inutilité de la suite. Mais je ne le savais pas encore. Je n'étais pas encore mort. La vie nous porte ; rien de plus facile, dans de bonnes conditions ; et d'instinctif, dans les pires. Et le pire, c'est bien connu, n'est jamais décevant.

Nouvelle disponible ici

 

Mon avis sur Dédale d’Alexy Soulberry :

Ce que j’ai aimé :

Le contexte intrigue et assure une ambiance pleine de mystères.

Le style fluide permet une immersion meilleure encore. On entre vite dans cet univers particulier.

 

Ce que j’ai moins aimé :

Au final, le mystère ne s’éclaircit pas vraiment, la fin est à mon goût trop brumeuse et axée religion. A vrai dire, les explications finales laissent certaines parts d’ombres sujettes à interprétation. Ce que j’en ai interprété n’a pas été à mon goût mais c’est purement subjectif.

Si la narration a un style très bon, les dialogues ne m’ont pas paru naturels. Ils sont trop tournés vers le mysticisme pour être crédibles à mes yeux.

 

Ce que j’en retiens :

Une lecture rapide et intéressante mais pas mon genre malheureusement.

 

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01 septembre 2018

Agence tous crimes - Marc Agapit

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Résumé de Agence tous crimes de Marc Agapit :

Une femme marche dans les rues d’une ville depuis 15 minutes. Avant ces 15 minutes, elle ne se rappelle plus de rien. Un agent à qui elle demande de l’aide lui indique une agence de l’autre côté de la rue qui pourra l’aider, l’agence T.C.. Et effectivement, ils l’informent de son nom, son état et lui donnent une adresse, son adresse. Elle s’y rend et commence alors un incroyable embrouillamini de visions, d’hallucinations, d’évanouissements, de réveils, d’évanouissements...

 

Mon avis sur Agence tous crimes de Marc Agapit :

Bon, commençons par le commencement : le titre de ce livre est atroce ! Pour ma part, j'ai d'abord pensé à un nanar (L'agence tous risques, même si apparue bien après ce roman, ne doit pas y être inconnue). Ce roman est un bijou de fausses pistes et d'ambiances énigmatiques ; le titre aurait dû refléter ces aspects. Ratage complet de ce côté... Si j'avais croisé un tel titre par hasard, jamais je ne me serais imaginé qu'il s'agissait d'un texte fantastique à tendance horrifique.

Heureusement, la célébrité de l'auteur, Marc Agapit, dans ces genres lui sauve la mise et j'ai donc plongé dans ma lecture sans savoir grand-chose de l'histoire.

Et si le titre est pour moi un complet ratage, le texte, lui, frôle le coup de cœur ! Intrigant dès les premiers mots ; je n'ai pas vu les pages défiler (il faut dire aussi que le livre est particulièrement court). Commencé à midi, sans se presser, terminé à 14h, c'est dire.

L'intrigue est dans un sens prévisible : de nombreuses œuvres utilisent des ressorts similaires (dont 2 films que j'adore mais dont je tairai le nom pour ne rien spoiler). Si ce roman était peut-être original à sa sortie, ce n'est plus le cas à présent. Mais qu'importe ! L'ambiance est si sournoise et pleine de faux-semblants qu'on s'en moque, finalement. On se laisse entraîner avec plaisir et on trouve même quelques surprises et retournements de situation inattendus en cours de route.

J'aime particulièrement la façon dont l'auteur nous garde dans le flou, à l'image de son personnage. Plusieurs fois, l'héroïne retrouve la mémoire... puis l'oublie aussitôt. Pour garder le lecteur dans le flou, la narration n'explique donc jamais ce dont elle se souvient durant ces courts éclairs de lucidité. C'est aussi frustrant que motivant et aucun doute que l'auteur a dû bien s'amuser à se jouer des lecteurs avec ce procédé.

Je pourrais reprocher à cette œuvre de se perdre parfois en cours de route. Des personnages comme celui de Magnan ou de la mère de l'héroïne, par exemple, me paraissent inutiles, sinon pour rajouter quelques pages à l'ouvrage et quelques chutes par-ci par-là. Mais il y a un côté poésie sombre qui ressort de leur histoire, de leur personnalité, qui fait que je n'ai pas trouvé leur présence plus gênante que ça.

 

En résumé : une lecture aussi rapide que géniale, entre énigme, angoisse et poésie sombre. On n'est vraiment pas loin du coup de cœur en ce qui me concerne. Et sûr que je vais vite arpenter les bibliothèques pour trouver d'autres Agapit, en espérant qu'ils soient de la même trempe et, surtout, à la hauteur !

 

Murphy Myers

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25 août 2018

Le fanatique des crachats - Amélia Varin

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Résumé du Fanatique des crachats d'Amélia Varin :

Judith vit seule avec sa mère, dans une maison éloignée de la ville, à l'orée de la forêt. Entre les amants de sa génitrice et son amie Cléo, elle mène une vie tout ce qu'il y a de plus morne. Alors que rien ne le laissait présager, Judith est assassinée et est condamnée à hanter les lieux du meurtre, où elle a tant de souvenirs. Ah, et en parlant de souvenirs, elle aimerait bien se rappeler qui l'a fait passer de vie à trépas. C'est vrai quoi, c'est quand même important ce genre de choses ! Ni tout fiel, ni tout miel Le fanatique des crachats triture de ses doigts sales la conscience de braves-gens-pas-si-braves-que-ça. Sombre et cynique.

 

Mon avis sur Le fanatique des crachats d'Amélia Varin :

En littérature comme au cinéma, il y a un tas d'histoires insipides ou trop convenues d'un côté, et quelques pépites originales, qui osent de nouvelles choses, d'un autre. Et Le fanatique des crachats fait partie de ces récits qui sortent avec succès des sentiers battus ! La nouvelle porte d'ailleurs bien son nom : à l'image du titre, c'est un texte qui intrigue et qui surprend, avec lequel on ne sait pas vraiment à quoi s'attendre.

Le texte est très "vivant" (ironique vu sa thématique) et se lit très vite. On y trouve un style direct, décomplexé, entrainant et des personnages hauts en couleur.

L'humour noir est particulièrement réussi ; j'ai souri plus d'une fois en lisant les réflexions et actions des personnages. Mention spéciale à la femme qui découvre le corps ; puisse-t-elle résoudre ses problèmes de couple un jour. Je trouve l'humour noir assez difficile à manier mais ce texte joue sur cette corde avec une grande facilité. On frôle par moments le malsain, mais la frontière n'est jamais complètement franchie tant les situations sont absurdes et narrées sur un ton désabusé.

Mais la force de cette nouvelle est, en un sens, aussi une faiblesse à mes yeux : j'ai trouvé que l'histoire finissait trop tôt. Je m'attendais à une enquête, l'héroïne ayant perdu la mémoire sur son meurtre, et cet aspect est en fait totalement occulté. On nous montre très tôt qui est le tueur et les "doutes" sont confirmés tout aussi vite. D'un côté, ça a l'avantage de surprendre (et j'aime toujours qu'un texte sorte des sentiers battus) mais d'un autre, j'aurais bien aimé retrouver l'ambiance unique du Fanatique sur un format plus long. Sinon un roman, au moins une novella qui aurait permis de développer davantage cet univers, ces personnages déjantés et cette ambiance aussi glauque que drôle.

 

Au final, je ne bouderai pas mon plaisir pour autant. Je garderai du Fanatique des crachats le souvenir d'une lecture certes courte mais originale, entrainante, qui détend malgré les sujets abordés, qui ose et se différencie avec succès. Le genre de texte rafraichissant comme on aimerait en lire plus souvent.

 

Murphy Myers

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