Murphy & Poppy

17 juin 2017

Magie indienne - Graham Masterton

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Résumé de Magie indienne de Graham Masterton

Jim Rook n'est pas seulement un excellent professeur qui parvient à tirer le maximum des classes les plus difficiles, c'est aussi quelqu'un qui, ayant frôlé la mort dans son enfance, a le don de voir fantômes et esprits.

Lorsque Brad, le petit ami de Susan White Bird, une étudiante d'origine navajo, est assassiné, les soupçons se portent sur les deux frères, exagérément "protecteurs", de la jeune fille. Jim ne croit pas à leur culpabilité et deux nouveaux meurtres vont lui donner raison : ce qui rôde sur le campus est bien plus terrifiant et menace de transformer Susan en la créature la plus abominable de la mythologie navajo...

 

Mon avis sur Magie vaudou de Graham Masterton

Le problème avec les suites, c’est qu’elles innovent difficilement. Et ici, j’ai l’impression que l’auteur n’a même pas essayé, comme s’il partait vaincu d’avance. On a donc affaire à une sorte de remake de Magie vaudou, l’efficacité et l’effet de surprise en moins forcément.

Même schéma, mêmes scènes qui se répètent d’un tome à l’autre (la voisine qui passe faire ses prédictions, le héros qui est soi-disant condamné à mourir tel jour, encore une fois, alors qu’au final, on élude cette menace comme on écrase une mouche trop insistante…). C’est un schéma cliché et déjà vu dans l’absolu, mais c’est ici d’autant plus ennuyant que tout ceci s’est déjà passé dans Magie vaudou !

Tout est donc prévisible de ce simple fait. On pourrait se dire que si on n’a lu aucun « Magie » de Masterton avant, ça peut toujours passer. Après tout, les tomes sont indépendants et peuvent se lire dans n’importe quel sens au final. Mais c’est sans compter sur le résumé qui en dit bien trop et les indices gros comme des maisons, ou plutôt des immeubles.

Le héros me parait toujours aussi fade, et même stupide (Pourquoi la femme, que j’ai envoûtée pour qu’elle pense m’aimer, ne m’aime-t-elle pas vraiment ? On se le demande, nous aussi, vraiment…)

J’en profite pour revenir sur ma critique précédente, sur Magie vaudou. J’y expliquais que la fin relevait à mes yeux le niveau du personnage central, en lui donnant une certaine noirceur. Je ne voulais pas spoiler dans ladite chronique, mais je suppose que si vous lisez ma critique de Magie indienne, c’est que vous avez déjà lu le tome précédent. Si ce n’est pas le cas, vous êtes prévenu, le paragraphe qui suit vous spoilera la fin de Magie vaudou (quoi que sur un aspect finalement très secondaire de la saga, je vous rassure).

Concrètement donc, j’ai dit cela parce que le héros utilise la poudre à faux souvenirs pour envoûter sa collègue et la persuader qu’elle l’aime. Ce qui pour moi s’apparente facilement à un viol mental (et même physique, puisqu’on suppose qu’il ne l’envoûte pas juste pour faire de jolies et innocentes photos de couple). Mais l’auteur n’a visiblement pas la même vision de la chose que moi puisque tout ceci est parfaitement normal pour le personnage. Chaque tome pouvant se lire séparément, on n’explique en fait même pas que la femme est sous l’emprise de magie vaudou. Ils sont dans une idylle illusoire à tous les niveaux ; elle parce qu’elle n’a jamais voulu de ce type, lui parce qu’il refuse de comprendre qu’elle ne veut pas de lui et que toute la poudre vaudou du monde n’y changera rien. Ceci étant, cet aspect de l’histoire est vraiment un détail insignifiant dans le texte. Si j’insiste tant dessus, c’est surtout parce que l’occasion ratée de faire du héros un personnage intéressant et plus noir qu’il n’y parait m’est resté en travers de la gorge. Au final, il reste égal à lui-même, plus stupide encore qu’on pouvait le supposer jusque-là.

Dernier point qui a fini de me convaincre que je lisais là le pire Masterton à ma connaissance : la fin « finalement, on fait la paix et toutes les personnes mortes en cours de route ressusciteront », vraiment, non. On est dans un Masterton, le maître de l’horreur, ou dans une suite dérivée de Narnia ?

 

J’avais adoré La maison de chair et bien aimé L’enfant de la nuit malgré ses longueurs. Le djinn remontait Masterton dans mon classement personnel après un recueil de nouvelles, Les visages du cauchemar, qui ne m'avait pas plus accroché que ça. Quand Le diable en gris me faisait perdre tout espoir de lire un récit sérieux de cet auteur, Magie vaudou avait réussi à me rassurer, sans emporter totalement mon adhésion. Ici, sans être aussi aberrant que Le diable en gris (quoi que, des fois je me demande lequel des deux est le pire…), Magie indienne est une lecture dont je me serais largement dispensé. Je crois qu'en fait, je n'arrive simplement pas à adhérer quand l'absurde prend le pas sur l'horreur (si je visais des comédies, il en serait autrement, mais je lis des Masterton pour ses ambiances glauques et impitoyables, pas pour rigoler).

En tout cas, avec ce bref inventaire, je peux dire que Masterton est selon moi capable du meilleur du meilleur comme du pire du pire et, dans un cas comme dans l'autre, il a au moins le talent de ne jamais me laisser indifférent. 

 

Murphy Myers

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10 juin 2017

Saignons sous la pluie - Antoine Lefranc

Saignons sous la pluie Antoine Lefranc

Résumé de Saignons sous la pluie, d’Antoine Lefranc :

Jean et Nicolas, comme la moitié de la ville, sont fascinés par une mystérieuse série de meurtres : sur chaque scène de crime, le tueur laisse une poupée en plastique.

Lorsque un message circulant sur Internet signé « Le tueur aux poupons » donne rendez-vous dans une partie abandonnée de la ville à ceux qui voudraient le rencontrer, les deux amis nʼhésitent pas : ils seront de la plaisanterie. Ils décident même de filmer ce qui promet être un grand moment, et prennent leur caméra avec eux.

Peu à peu, la pellicule va livrer ses secrets...

 

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Ce que j’ai aimé de Saignons sous la pluie :

On retrouve dans ce texte une ambiance sombre plutôt réussi.

Ajouté à ça, un mystère intriguant avec ce tueur et le message qu’il laisse sur Internet. L’usage des médias dans ce type d’histoires me plait en général. C’est enfoncer une porte ouverte que d’en montrer les dérives, mais ça reste toujours plaisant.

La présence du tueur est quant à elle très bien suggérée tout au long du texte. C’est efficace d’un bout à l’autre.

En bonus, on repère aussi quelques « punch lines » bien trouvées. Des phrases bien pensées et bien intégrées dans l’ensemble.

Ce que j’ai moins aimé :

Le déroulé de l’histoire est un peu trop « théâtral », ou plutôt forcé, à mes yeux. On sent que les personnages agissent ainsi pour le bien de l’histoire, que les choses se déroulent exactement dans ce sens. Par exemple : le journal télé qui commence exactement à la seconde où on allume la télé, et qui parle directement de l’affaire de meurtre qui intéressent nos 2 personnages, qui donne toutes les infos nécessaires pour la suite. C’est vrai que sur un texte court, il faut généralement aller à l’essentiel, mais j’ai trouvé cet aspect bien dommage. Il nous rappelle qu’on lit un texte et freine l’immersion.

Dans la même idée, les personnages sont un peu trop caricaturaux. Le coup du « un tueur traine par-là, allons donc filmer » est éculé au possible. De même que la « chute », très prévisible. Il faut dire que l’auteur a choisi là un thème et une histoire où il est difficile de surprendre et d’innover, surtout en format court.

Ce que j’en retiens au final :

Saignons sous la pluie, en plus de son titre sympathique, est tout de même globalement bien écrit et se lit assez vite.

L’histoire n’est pas parfaite mais j’ai déjà lu bien pire et bien plus déplaisant.

 

Murphy

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03 juin 2017

Magie vaudou - Graham Masterton

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Résumé de Magie vaudou de Graham Masterton

Jim Rook n'est pas seulement un excellent professeur qui parvient à tirer le maximum des classes les plus difficiles. C'est aussi quelqu'un qui, ayant frôlé la mort dans son enfance, a le don de voir fantômes et esprits. Un don perturbant dont il répugne à se servir. Mais lorsque l'un de ses élèves, Tee Jay, accusé de meurtre, clame son innocence, Jim n'a plus le choix. D'autant qu'il est sûr d'avoir vu l'oncle de celui-ci sur les lieux du crime. Ce personnage inquiétant dispose d'un alibi en béton, mais l'on murmure aussi que, adepte du vaudou, l'oncle de Tee Jay maîtrise parfaitement la technique consistant à quitter son corps pour aller commettre les pires méfaits...

 

Mon avis sur Magie vaudou de Graham Masterton

L’idée est sympathique, d’autant plus que j’aime particulièrement les histoires de sorcellerie et de vaudou. Il est vrai que je m’attendais à une histoire plus axée « hantise », comme les quelques romans que je connaissais déjà de Masterton, mais il a choisi une toute autre approche ici. Le résultat se lit sans mal, avec un style toujours aussi fluide, et a l’avantage de l’originalité.

Sans apporter de réelles surprises, plusieurs péripéties m’ont bien plu ; notamment le moment de « l’enterrement » (comprendra qui aura lu le livre).

Malheureusement, pas d’angoisse à l’horizon. C’est le risque quand la menace est aussi humaine que le héros, quand bien même c’est un adversaire qui utilise la magie vaudou. Le mystère, quant à lui, ne fait pas long feu. A peine 50 pages que toute la situation est clairement définie et expliquée. Difficile donc, de se raccrocher à l’aspect énigmatique de l’histoire.

Le personnage central m’a aussi grandement posé problème. Cliché par excellence du professeur qui prend ses élèves pour sa famille, il m’a paru stupide à certains étages (on lui donne une poudre qui invente de faux souvenirs, il décide de l’utiliser sur lui-même en s’inventant une idylle avec une collègue… Quoi de mieux pour mettre une bonne ambiance au boulot après tout, n’est-ce pas ?) et trop fade à bien d’autres. Trop lisse, trop inutilement « héroïque » en fait.

Il n’y a que dans les dernières pages que je lui ai trouvé une certaine noirceur. Noirceur finalement illusoire. Comme j’y reviendrais dans ma prochaine critique Mastertonienne, le tome suivant (Magie indienne) vient légitimer ces dernières pages comme si elles étaient totalement normales, inoffensives et saines…

Au final, Magie vaudou peut se résumer par une idée et une confrontation originales mais un personnage et un traitement de l’histoire trop classiques et prévisibles. Sans être le pire Masterton que j’ai lu, il n’est pas non plus parmi les meilleurs selon moi.

 

Murphy Myers

 

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27 mai 2017

La horde du cauchemar – Lawrence Watt-Evans

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Résumé de La horde du cauchemar de Lawrence Watt-Evans :

D'abord il y avait eu ce visage entrevu derrière la vitre en plein milieu de la nuit. Ce visage qui le regardait d'un air gourmand. Comme il habitait au troisième, il s'était dit que ce ne pouvait être qu'un cauchemar.

Et puis, le matin, tous les voisins de l'immeuble, 142 personnes, avaient disparu.

Mais surtout, quand ceux-ci avaient refait surface, en racontant une invraisemblable histoire d'alerte à la bombe, il les avait trouvés changés. Juste de petits détails et pourtant il en était sûr : ce n'était plus ses voisins.

 

Mon avis sur La horde du cauchemar de Lawrence Watt-Evans :

Ce que j’ai aimé :

Les idées et la mise en scène sont originales selon moi : le héros aperçoit une chose à sa fenêtre, une nuit d’insomnie. Le lendemain, tous ses voisins d’immeuble ont disparu. Rien que ce mystère instauré dès le début (et qui sera d’ailleurs assez vite résolu) donne envie de dévorer ce livre !

Par la suite, le mystère laisse vite place au suspens pur, voire à l’action. L’invasion a débuté et on ressent l’urgence d’agir avec les personnages.

La façon de venir à bout de la menace est aussi originale. Spéciale, voire même ridicule si on décide de le voir ainsi, c’est pourtant innovant à mes yeux et bien amené là encore. Je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler, mais j’ai en tout cas préféré voir le côté original que le côté peu sérieux de cet élément. Et de ce point de vue, la lecture est d’autant plus horrible et plaisante.

Pour ne rien gâcher, les personnages sont bien construits et le groupe bien constitué. L’alchimie prend facilement et sans prise de tête.

 

Ce que j’ai moins aimé :

Comme dit plus haut, la façon de venir à bout de la menace peut mitiger. C’est là le seul point où je pourrais chipoter s’il le fallait vraiment.

 

Ce que j’en retiens au final :

Une histoire très plaisante, qui se lit d’une traite. Personnellement, j’adhère totalement. C’est le genre de lectures que j’aimerais avoir plus souvent.

 

Murphy Myers

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20 mai 2017

Dybouk - Patrice Quélard

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Résumé de Dybouk de Patrice Quélard

Mai 1943 : les Nazis s’apprêtent à liquider le ghetto de Varsovie. Face à eux, la résistance désespérée d’une poignée de jeunes juifs décidés à vendre chèrement leur peau. Au bloc 38, les martyrs y parviennent d’autant mieux qu’ils reçoivent l’aide inattendue d’un démon de la kabbale. La journée sera bien longue pour les Waffen-SS du capitaine Rittmayer, car le dybouk est d’humeur... infernale.

 

Mon avis sur Dybouk de Patrice Quélard

Deuxième lecture de nouvelle historico-fantastique de Patrice Quélard pour moi, sur la demande de l’auteur que je remercie à nouveau.

Si Dybouk est moins à mon goût que l’a été Un bien mauvais client, on y retrouve quand même un style entraînant et des personnages bien construits à nouveau. Et une fois encore, l’auteur me réconcilie avec un genre qui ne m’a pas toujours spécialement accroché. Comme dans Un bien mauvais client, le fond historique n’est ici pas du tout gênant. Le défi était d’autant plus difficile que la période de la Deuxième Guerre est parmi celles qui m’intéressent le moins.

On suit avec plaisir une histoire qui, entre son style direct et sa taille relativement courte, se dévore facilement et avec rapidité.

Cette nouvelle est aussi une parfaite occasion de découvrir une légende du folklore juif, le Dybouk. En fan de mythologies, légendes (urbaines ou anciennes) et autres créatures folkloriques, j’ai adoré découvrir cette légende dont j’ignorais tout jusque-là. Et ce n’est pourtant pas peine d’écumer les encyclopédies de mythes et légendes à la pelle.

J’évite de vous spoiler sur quoi que ce soit, mais le texte se lit avec plaisir et le retournement de situation final, sans le révéler, m’a particulièrement plu.

La conclusion est peut-être un peu trop rapide, quelques pages de plus auraient pu mieux la détailler. Mais c’est aussi dans la continuité et raccord avec le rythme et le style rapide de l’ensemble.

 

Encore merci à l’auteur pour ce moment de lecture entrainant et la découverte d’une partie du folklore juif.

Retrouvez Dybouk de Patrice Quélard sur Amazon !

 

Murphy Myers

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