Murphy & Poppy

19 août 2017

Magie des neiges - Graham Masterton

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Résumé de Magie des neiges de Graham Masterton

De mémoire de météorologue, on n'avait jamais vu ça : une piscine qui se transforme en patinoire, de l'eau qui gèle à peine sortie du robinet, une rampe d'escalier si froide que ceux qui la touchent s'y retrouvent collés... tout ça en plein été, et en Californie !

Jim Rook, qui a dans sa classe un élève dont le père revient justement du pôle Nord, se demande s'il n'y aurait pas un lien entre tous ces événements et cette légende inuit qui raconte que les explorateurs perdus dans les étendues désolées de l'Arctique voient venir à eux un vieil homme qui leur propose de les sauver en échange de ce qu'ils ont de plus précieux.

Afin de comprendre pourquoi cette entité a entrepris un si long voyage, Jim devra se rendre en Alaska, dans une drôle de maison que seuls ceux qui ont frôlé la mort peuvent voir...

 

Mon avis sur Magie des neiges de Graham Masterton

La saga « Magie » de Masterton m’a fait connaître des hauts et des bas. Pour tout dire, le second tome, Magie indienne, est l’une de mes pires lectures de l’auteur. Comme on m’a offert les 5 premiers tomes, j’ai quand même persisté. Et c’est en l’occurrence une bonne chose !

On sent comme une sorte de cassure entre Magie des neiges et les trois précédents. Pour cause, il s’est écoulé plusieurs années entre l’écriture du tome précédant et celui-ci. Et Masterton a clairement délaissé le fantastique pur pour dévier son intrigue sur du fantastique plus léger, plus subtil. Le côté thriller prend le pas et rend ainsi d’autant plus efficace l’intrigue.

Sans être angoissant, l’ambiance s’y prête bien. L’auteur en montre moins pour faire ressentir plus.

Côté adversaire surnaturel, j’aime beaucoup l’idée du 4e homme, « invisible », qui vous suit dans le blizzard. Une forme humanoïde que personne ne voit mais dont tout le monde est persuadé qu’il est là, juste derrière eux. J’ai déjà lu certains textes sur une légende similaire et me demande de laquelle il s’agit. Fan de mythes et légendes, c’est rare quand j’en découvre une « nouvelle » ! Si vous savez d’où vient l’inspiration de Masterton sur ce tome, je suis prêt à vous payer en louanges pour obtenir cette information !

Bémol récurrent avec cette saga, le héros est toujours trop blanc à mes yeux, trop fade. Mais un certain suspens réussit quand même à émerger. La menace est assez intrigante pour compenser cette faiblesse de personnage à mes yeux.

Et les personnages secondaires, une fois de plus, ne sont pas sans intérêt, entre le professeur « ennemi » qu’on a hâte de voir crever, le voisin travesti, même si caricatural, qui apporte une touche original à des protagonistes globalement banals et déjà vus, et, surtout, les élèves du héros qui sont, encore une fois, assez bien travaillés. Côté personnages, c’est d’ailleurs quasiment une constante : déjà dans Magie vaudou, je trouvais les élèves assez intéressants, voire plus que leur professeur, du fait qu’ils sont loin d’être parfaits. Cet aspect se retrouve là encore.

Au final, Magie des neiges est pour moi le meilleur de la saga. Intrigant, prenant, sanglant, original avec la créature qu’il met en place. Ce tome pallie presque tous les défauts des précédents : assez de mystère pour captiver (Magie vaudou, le premier, était original mais n’effrayait pas vraiment du fait que l’ennemi était un être humain), pas de fin aberrante et nanardesque (Magie indienne aura au moins le mérite de rester dans ma mémoire comme la fin la plus minable, pour rester correct, de toute l’histoire de mes lectures fantastiques), des personnages qui paraissent « vivants » (Magie maya ne traitait les personnages qu’au travers du prisme de son intrigue ; en-dehors de la menace qu’ils affrontaient, ils ne semblaient avoir aucune vie).

Pour tout dire, ce Magie des neiges n’est pas loin d’être parmi mes Masterton préférés (parmi ceux que j’ai déjà lus, s’entend).

 

Murphy

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12 août 2017

Palimpseste - Charles Stross

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Résumé de Palimpseste de Charles Stross :

Drame écologique, guerre nucléaire, catastrophe naturelle... À plus ou moins long terme, toute civilisation est vouée à disparaître. Cela s'est d'ailleurs produit des millions de fois depuis la formation de notre planète.

Pour préserver l'humanité de ces inévitables apocalypses, des agents venus d'un lointain futur voyagent tout au long de l'histoire de la Terre : à chaque fin du monde, ils sauvent ce qui peut l'être, et permettent ainsi à notre espèce de renaître de ses cendres. Mais toute intervention sur l'histoire a des conséquences, parfois tragiques...

 

* Broché : 127 pages * Editeur : J'ai lu * Collection : Nouveaux millénaires *

 

Ce que j’ai aimé dans Palimpseste :

Le concept est intéressant en théorie, avec ces jeux de temps, cette idée de voyages banalisés et de police temporelle. Pas que ce soient des idées nouvelles, mais elles sont ici bien utilisées (au départ du moins).

On retrouve ainsi des passages très entraînants, comme le premier chapitre par exemple, où le héros doit tuer son grand-père pour « sortir de l’Histoire » et intégrer la police temporelle. Une très bonne façon de réinventer le paradoxe du grand-père !

 

Ce que j’ai moins aimé :

Mais on déchante vite. On se retrouve dans des passages interminables, inutilement compliqués où on nous assène des théories scientifiques pas forcément cohérentes ni compréhensibles. Un fan de sciences et de SF « dure » aimera peut-être. Pour moi, c’était une façon de rallonger la sauce et de se perdre en explications futiles, voire hautaines en un sens.

Au final, je n’ai pas retenu grand-chose de l’histoire. On nous parle de temps détraqué, de fins du monde avortées, de planètes détruites, de révolution, et tout se mélange dans un micmac presque imbuvable. D’autant plus dommage que les idées et les concepts, en théorie, me paraissent intéressants.

 

Ce que j’en retiens au final :

Une grande déception. Il y avait pourtant de l’idée. Mais soit l’histoire s’est cherchée sans se trouver, soit je n’ai moi-même pas trouvé l’intérêt de ce texte pourtant tellement vanté, qui a même eu un prix Hugo en 2010 (comme quoi, les prix, en littérature comme au cinéma, ne sont clairement pas un gage de qualité).

 

Murphy

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05 août 2017

Un remède à la mélancolie - Ray Bradbury

Un remède à la mélancolie Ray Bradbury

Résumé de Un remède à la mélancolie de Ray Bradbury

Deux chevaliers en armure suffiront-ils pour vaincre l’effroyable dragon qui sévit dans la région? Quelle rencontre magique peut-on faire sur une plage de la côte basque, par un beau jour d’été? Que feriez-vous si vous deviez partager avec cinq autres personnes un splendide costume couleur glace à la vanille? Votre femme comprendrait-elle si vous lui annonciez qu’est enfin arrivée pour vous l’heure du grand départ? Qui saura trouver le mal mystérieux dont souffre Camillia Wilkes, quel est donc le meilleur remède à la mélancolie?

Les vingt-deux nouvelles qui composent ce recueil nous présentent toutes les facettes du talent de Ray Bradbury. Tantôt tendre, tantôt cruel, souvent poétique et émouvant, il n’a pas d’égal pour, en quelques pages, nous transporter ailleurs.

 

Mon avis sur Un remède à la mélancolie de Ray Bradbury

Un recueil de nouvelles en demi-teintes, un peu en deçà de Chroniques Martiennes selon moi. C’est le risque de tous recueils, après tout.

Malgré plusieurs textes qui ne m’ont pas parlé plus que ça, j’en ai quand même retenu plusieurs vraiment géniaux.

A commencer par le tout premier, qui donne son titre au recueil entier : « Un remède à la mélancolie ». Tout en simplicité et en poésie, comme seul Bradbury savait le faire. Pour résumer brièvement, les parents d’une jeune fille malade demandent à toute personne qui le souhaite dans le village d’expliquer quelle maladie étrange elle peut bien subir. La réponse est plutôt évidente pour le lecteur, étant donné le titre du texte, mais la lecture n’en est pas moins plaisante et l’humour en filigrane fonctionne à merveille. Rien que pour cette courte nouvelle, la lecture de ce livre vaut le détour.

Autre texte qui vaut clairement le détour, « Le dragon », où deux chevaliers affrontent la légendaire créature. C’est une nouvelle assez célèbre, que je connaissais d’ailleurs déjà sans me souvenir d’où. Mais même en connaissant la chute, elle conserve une efficacité rare.

Dans un autre style, « Le rêve de fièvre » nous plonge dans une ambiance Lovecraftienne angoissante et toute en subtilité. « La ville où personne n’est descendu » varie à son tour les styles du recueil, par un texte digne de la 4e dimension, finalement assez ironique mais tout le long étrange et prenant.

« Ils avaient la peau brune et les yeux dorés » revient à un thème cher à l’auteur : la conquête de Mars. On retrouve là le même genre d’ambiance que dans Chroniques martiennes, justement, avec un texte qui illustre parfaitement les dérives de l’humain et de sa manie d’envahir et d’imposer son point de vue autour de lui.

Enfin, dernier coup de cœur, « Le sourire », particulièrement cynique où La Joconde connait un sort peu enviable.

D’autres textes, sans être mes préférés, affichent de très bonnes choses aussi. Entre autres, « La collision mémorable de lundi dernier », malgré la chute que l’on peut voir venir, est très sympathique et la description de la sirène dans « Coucher de soleil sur la plage » est une pure merveille. J’ai rarement lu une description poétique si réussie, qui parait pourtant toute simple. La dernière fois remonte à ma lecture de La morte amoureuse de Théophile Gautier, il y a au moins 8 ans de ça !

Les autres nouvelles du recueil m’ont moins convaincu ou moins marqué mon esprit mais restent toujours parfaitement écrites et entrainantes. A coup sûr, il s’agit à nouveau d’un recueil d’un maître de la SF à ne pas manquer !

 

Murphy Myers

 

29 juillet 2017

Magie maya - Graham Masterton

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Résumé de Magie maya de Graham Masterton

Rafael Diaz, le nouvel étudiant de Jim Rook, paraît calme timide et réservé. Mais le jeune Mexicain semble avoir un don étonnant : en ayant recours à un ancien rituel maya, il parvient à débarrasser ses camarades de leurs phobies et de leurs peurs les plus profondes...

Bientôt des meurtres monstrueux sont commis sur le campus. Le jeune Rafael en serait-il involontairement responsable ? Ou serait-il l'incarnation de Xipe Totec, démon friand de sacrifices humains ?

Et n'avoir plus peur de rien, n'est-ce pas la chose la plus dangereuse et la plus effrayante qui soit ?

 

Mon avis sur Magie maya de Graham Masterton

Je n’aime pas les sagas, on le sait. Magie indienne m’avait une fois de plus prouvé que j’ai raison, en faisant une suite des plus pauvres à un Magie vaudou qui n’était pas sans intérêt.

Mais comme on m’a offert 5 tomes de cette série, je me suis fait un devoir de poursuivre mes lectures.

Magie maya ne parvient pas au niveau de Magie vaudou, mais est clairement au-dessus de Magie indienne (pas difficile, me dirons ceux qui connaissent mon avis sur Magie indienne…).

L’histoire tente quelques originalités. Ici, la menace n’est pas directement humaine comme dans les 2 tomes précédents. Il s’agit d’une création purement psychique : la Terreur incarnée. J’aime ce genre de concept et ai donc facilement adhéré à cette menace.

Le page-turner est toujours aussi présent avec Masterton. Même si l’histoire ne me conquit pas à 100%, elle est assez prenante et je n’ai pas vu les pages défiler.

En revanche, le personnage principal me parait toujours aussi lisse, vraiment. Les étudiants de sa classe sont autrement plus intéressants que lui, finalement. Dommage qu’ils ne soient que des rôles secondaires.

Autre élément qui m’a dérangé avec ce tome : par moments, au début surtout, on sent qu’on lit un livre, l’immersion ne s’active pas. Je veux dire que dès les premières lignes, le seul sujet qui revient dans toutes les discussions des personnages est la peur. Avoir peur, est-ce bien ? Ne pas avoir peur, est-ce dangereux ? On sait, par le résumé, que les phobies vont être au centre de l’intrigue. Mais si on l’ignorait, pas dur de le deviner avec ces premiers passages. C’est comme si les personnages n’avaient pas de vie en dehors de l’histoire qui les attend. C’est l’impression que m’a laissé ce type de passage en tout cas.

En résumé, Magie maya a été pour moi une lecture sympathique sur le moment sans forcément être inoubliable sur la durée. Le genre de livre vite lu entre deux pavés, imparfait en plusieurs points, plaisant sur d’autres. Pas un Masterton que je conseillerais spécialement, sauf pour un lecteur voulant absolument lire le plus possible de cet auteur.

 

Murphy

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22 juillet 2017

Dévoreuse - Didier Fédou

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Résumé de Dévoreuse de Didier Fédou

Une nuit de tempête, les quatre gosses se réunissent dans leur refuge. Ils subissent depuis bien longtemps des traumatismes trop graves pour eux : enfance battue, racket, deuil, pédophilie... Le sel de leurs larmes, le sang de leurs blessures, la terre sous laquelle ils se cachent et les éclats de foudre, ce n'est pas une nuit comme les autres. Ensemble, ils invoquent un égrégore, l'esprit de vengeance : Dévoreuse.

Ainsi est rendue justice, ainsi vengeance est faite, mais la créature ne fait rien pour rien, elle leur a offert la vengeance, rendu la liberté, elle exige maintenant son dû, et à chacun d'eux la même créance : ta vie, ou ce qui t'es le plus cher...

Une traque, une chasse, sans pitié, sans répit. Mais qui chasse qui ?

Vous aurez à nouveau peur de sortir la nuit...

 

Disponible sur Amazon !

 

Mon avis sur Dévoreuse de Didier Fédou

Une histoire entre horreur et surnaturel, ça ne peut que me plaire, évidemment !

Ici, je pense que l'auteur a volontairement rendu hommage à « Ça » de Stephen King (après vérification, en fait, il semble que non !). Même schéma d'origine, en tout cas, 4 gamins en proie à un monstre qui change d'apparence, pour résumer sans trop en dire. Je n'ai jamais lu « Ça », pas vraiment adoré le film (ne me jetez pas de pierres !) mais Dévoreuse m'a bien convaincu sur cet aspect. J'ai d'ailleurs dévoré, justement, la première partie sur l'enfance des personnages, pressé de découvrir où tout ça mènerait.

Première partie qui aurait même pu se suffire à elle-même, quand on y pense. Elle contient tout ce qu’il faut : une bonne intro, de bons personnages, une bonne menace, une bonne ambiance. Tout comme la série Stranger things nous rappelle les films d’horreur des années 80-90 avec succès, Dévoreuse m’a fait penser à tous ces textes classiques du genre, de la même époque. On suit certains schémas connus mais on les suit avec plaisir.

Le style nous entraîne très vite, je l'ai trouvé particulièrement visuel, très cinématographique, dans la façon de présenter les personnages. C’est très réussi.

La deuxième partie continue sur la même lancée. Peut-être un peu moins surprenante (lecteur comme personnages sont à présent en terrain connu), mais tout aussi rythmée. On avance encore un peu plus dans l’aspect fantastique du récit, on en découvre un peu plus et on en redemande !

Quelques scènes particulièrement gores m'ont bien plu aussi. L'histoire s'axe surtout sur l'aspect surnaturel, un peu moins sur l'aspect terreur je trouve. C'est donc aussi "surprenant" que plaisant de faire face à quelques morceaux de texte bien rouges et glauques.

Enfin, il y a une sorte de chute en fin de livre, qui ne remet pas en question l'histoire mais lui apporte une autre dimension très plaisante. Sans en dire plus, je dirais que les fans de Fédou seront heureux de voir quelques connexions se faire entre Dévoreuse et d'autres histoires de l'auteur, même si ces liens sont subtils et ne dérangent en rien ceux qui liraient du Fédou pour la première fois avec Dévoreuse.

 

Il y a seulement deux bémols qui ont empêché ma lecture d’être parfaite.

D’abord, les clichés. Si certains m’ont paru nécessaires au bon fonctionnement de l’histoire, d’autres m’ont bien plus dérangé. Exemple : le personnage qui « devient » lesbienne (cliché 1) par dégoût des hommes (cliché 2), et qui se dit « plus masculine » que sa compagne parce que « c’est la norme dans les couples lesbiens » (cliché 3, le pire à mes yeux). Je trouvais le personnage intéressant, innovant par rapport aux personnages habituels de l’auteur. Mais plus j’en découvrais sur elle, plus j’avais l’impression d’un sabotage. C’est au final devenu un amas de stéréotypes déjà vus. Enfin, je ne spoilerai pas la fin que connait ce personnage, mais là encore, je n’ai pas adhéré.

Deuxième point qui m’a gêné : on passe sous silence certains éléments de la vie des personnages. L’histoire se scinde en deux parties : la partie sur l’enfance des héros, et la partie 25 ans plus tard. Plusieurs éléments sont mis en place et plus ou moins laissés en suspens en partie 1, et ne font l’objet que de quelques lignes par-ci par-là en partie 2. La sœur d’un personnage, préoccupation première en partie 1, devient anecdotique. Un autre personnage, laissé orphelin, n’évoque que dans quelques lignes comment il s’en est sorti seul. Un troisième, prisonnier d’une famille catholique extrémiste, s’émancipe et prend sa vie en main sans qu’on ne vive cette transition avec lui. C’est dommage car la vie personnelle des personnages m’a intéressée au moins autant (peut-être même plus encore ?) que l’intrigue horrifique avec Dévoreuse.

Mais c’est un bémol à prendre avec des pincettes : on peut comprendre que l’auteur n’ait pas voulu écrire un dictionnaire et ait préféré se concentrer sur l’essentiel : la menace qui rôde.

 

Au final, Dévoreuse est une lecture horrifique particulièrement plaisante. Le style de l’auteur est égal à lui-même, toujours aussi efficace. Certains points noirs m’ont vraiment sorti de l’histoire pourtant immersive, mais la qualité finale est bien là !

 

Murphy

 

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