215   Une critique particulière cette fois pour un livre lui-même particulier puisqu’il traite d’une histoire réelle et s’évertue par ailleurs à retranscrire le plus fidèlement possible la vérité. En ressort un texte qui donne l’impression d’un article de journal mais narré comme un roman, pour un résultat glaçant qui se lit en une heure.

   Il s’agit donc de ce qu’on nomma l’affaire Christie. En résumé, un homme découvre trois cadavres de femmes étranglées dans le placard de l’appartement qu’il vient d’acheter à un certain John Christie. De là, on fait le lien avec un certain Evans, pendu par le passé pour avoir tuer sa femme de la même façon dans un appartement voisin. On comprend alors rapidement dans la ville que le policier Christie, qui vient de disparaître après avoir vendu son appartement, et qui avait précipité la condamnation d’Evans au procès de ce dernier, était le véritable criminel de l’affaire.

   On suit donc les jours de chasse à l’homme que lance la police britannique, faits de fouilles dans la maison du crime et de témoignages de personnes ayant aperçu Christie. Certaines de ces personnes ont d’ailleurs frôlé une mort certaine en ayant côtoyé l’homme en question avant de découvrir le tueur qui se cachait sous le masque du policier.

   Plus qu’une enquête et qu’un procès, cette affaire a aussi été un grand tournant dans l’histoire juridique britannique, contribuant à la suspension de la peine de mort dans ce pays, avant qu’elle ne soit complètement abolie quelques temps plus tard.

   Le livre se ferme par un questionnement sur la justice, comparant l’anglaise, visant à aller au plus vite, et la française, dite plus sûre mais bien plus lente ; et se demande laquelle des deux est la plus appropriée, question épineuse au possible.

   En bref, un compte rendu fidèle à la réalité de cette triste affaire qui ne manque pas de laisser fleurir quelques questions d’ordre morales dans l’esprit du lecteur. 

    L’ayant trouvé dans une brocante, et étant une édition des années 50, je suppose qu’il n’est pas facilement trouvable, mais si l’affaire vous intéresse, Internet peut tout autant vous renseigner sur le sujet, et des films ont retracés les mêmes faits. Notamment, L’étrangleur de la place Rillington de Richard Fleischer, sorti en 1971. Par ailleurs, la série des « Causes célèbres » dont fait partie La maison des horreurs a retracé bien d’autres affaires réelles, donc si vous trouvez un de ces livres par hasard, au détour d’une brocante, ne laissez pas sa couverture vieillotte et digne d’une BD d’horreur vous tromper sur le contenu.

Murphy