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Résumé de Le nid de Lisa Tuttle

Un énorme nid au grenier – construit par qui ? pour qui ? Un vieux coffre de bois qui attire mystérieusement bébé... Une maison colonisée par des insectes jusque dans les lieux les plus inattendus... Les retrouvailles de deux amies d'enfance dont l'une aurait rêvé l'autre... Un jeune écrivain de science-fiction ensorcelé par ses fans pour qu'il écrive la suite du roman qui les a enthousiasmés...
En treize nouvelles servies par un art exemplaire de l'ambiguïté et du sous-entendu, l'exploration d'une dimension du fantastique où les spectres se nomment culpabilité, frustration, solitude, poids de l'enfance. Une petite musique de nuit qui ne s'oublie pas de sitôt.

  • Poche: 288 pages
  • Editeur : Denoël
  • Collection : Présence du fantastique

 

Mon avis sur Le nid de Lisa Tuttle

En 1990, les éditions Denoël nous proposaient 13 nouvelles de Lisa Tuttle - auteure que je ne connaîtrai "que" 21 ans plus tard avec les traductions de Mélanie Fazi Ainsi naissent les fantômes chez Dystopia. Déjà conquise par cette traduction, j'ai entrepris la lecture de ces nouvelles et.. que dire sinon vous les conseiller vivement ?

Bon, peut-être un peu trop simple...

Développons.

Avec Lisa Tuttle, on se situe du côté de la nouvelle fantastique aux penchants cauchemardesques/horrifiques. Si ces nouvelles étaient portées à l'écran, cela serait un mixe entre Les contes de la crypte et Twin Peaks. Oui et croyez-moi, je n'exagère rien (ou alors si peu...).

Mais développons encore :

- La nouvelle qui ouvre ce recueil Le nid d'insectes donne le ton : on part d'un quotidien plutôt "banal" dans lequel on intègre du mystère et, petit à petit, s'installe une tension qui va crescendo jusqu'à nous mener à une conclusion terrifiante et violente. Cela m'a fait penser à du Shirley Jackson - le fantastique et la violence physique en moins.

- La seconde nouvelle, Sandwich de poupée, se situe, quant à elle, dans le registre des peurs enfantines. D'ailleurs, l'enfant est souvent un personnage récurrent dans ce recueil mais il n'est le héros que de cette nouvelle. C'est un texte efficace. Si on touche à l'humour noir, celui-ci se déploie dans toute son horreur dans la nouvelle suivante : Propriété commune. Comment séparer ses biens équitablement lors d'une séparation ? Qu'en est-il des animaux ? Une chute prévisible mais qui mérite le détour.

- Le seigneur des chevaux a un côté un peu dérangeant, de par le comportement obsessionnel des enfants pour la vieille grange dans laquelle des chevaux ont tué le grand-oncle d'un membre du couple que nous suivons. L'écriture est comme toujours subtile et la fin glaçante.

Mais LA nouvelle qu'il faut retenir est La mémoire du bois. Comme souvent, la fin est prévisible mais l'important est cette tension, cette horreur qui s'amplifie au fil des pages pour atteindre une fin qu'on pressent. Comme une horreur qu'on ne peut quitter des yeux, le texte hypnotise et se lit d'une traite.

Je ne commenterais pas les autres nouvelles afin que vous les découvriez par vous-mêmes.

Mais si les autres nouvelles n'ont pas nécessairement de conclusion aussi violente, glaçante que les nouvelles énoncées, entrer dans cet univers est d'une facilité déconcertante. L'écriture subtile, pleine d'ambiguités, nous capture et nous voilà pris au piège.

Lisa Tuttle sait manier les éléments pour une histoire effrayante à souhait mais a d'autres cordes à son arc et peut facilement vous projeter dans un univers gothique, mélancolique et émouvant.

Malheureusement, ces écrits sont trop rares encore en France, selon moi.

 

Poppy, à la recherche d'autres textes