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Résumé de L'étranger des Carpathes :

Dans une forêt, un convoi de nobles seigneurs est pourchassé par des loups affamés. Dans leur course, ils parviennent aux abords du château maudit de Klatka, où ils sont secourus par un homme aux allures étranges. Peu de temps après, la jeune Franziska commence à souffrir d'un mal mystérieux, qu'aucun médecin ne parvient à guérir...

  

Mon avis sur L'étranger des Carpathes :

Cette petite histoire de 70 pages a le mérite de mener son intrigue à terme tout en installant une ambiance gothique qui n’est pas sans rappeler les grands Carmilla et Dracula, tous deux écrits quelques décennies plus tard. L’étranger des Carpathes aurait d’ailleurs été une source d’inspiration non négligeable pour Bram Stoker. Cet argument que je soupçonne être purement commercial reste malgré tout un gage de qualité pour cette nouvelle, car on y retrouve effectivement des similitudes avec le maître vampire et, surtout, le style d’écriture propre à cette époque malheureusement révolue.

   Malgré son ancienneté – le texte original date de 1844 – L’étranger des Carpathes relève d’une certaine originalité par rapport à son vampire, arrogant et malpoli à souhait qui ne se pare d’une personnalité aimable qu’en présence de la proie qu’il projette de vider dans la nuit. De ce point de vue, Ezzelin est l’antithèse du courtois Dracula et de la séductrice Carmilla qui ont influencé des générations de récits vampiriques jusqu'à nos jours.

De plus, le Van Helsing du coin, dénommé Woslaw, apporte une certaine modernité à l’histoire en y insufflant un aspect presque Science-fiction. Ayant perdu une main à la guerre, on lui a greffé une d’acier, qui peut se rétracter comme une vraie. Idée assez étrange, de prime abord, pour une affaire de vampire du genre gothique, mais qui s’intègre étonnamment bien dans l’intrigue, au point d’en devenir un élément d’une importance capitale.

   On pourrait tout de même reprocher à certains personnages d’être, par moments, assez agaçants de par leur mentalité stéréotypée ou encore des réactions un peu faciles sur la fin, mais rien qui ne gâche vraiment la lecture. Il faut d’ailleurs admettre qu’un personnage agaçant est toujours mieux qu’un personnage insipide, au moins il ne laisse pas indifférent. Dans la même idée, l’époque de ce texte fait qu’on y retrouve certains clichés. Mais là encore, on ne peut pas trop en vouloir à l’auteur puisqu’il ne s’agissait pas encore de clichés à ce moment, et on sent d’ailleurs qu’ils ont une certaine importance dans l’intrigue et ne sont pas juste des raccourcis pour faciliter l’avancée de l’histoire.

   En bref, malgré quelques menus défauts, L’étranger des Carpathes a été pour moi une très bonne surprise. Etonnamment innovant pour son époque (il est d’ailleurs plus novateur et sort bien plus du lot que 95% de ce qu’on peut trouver au rayon nouveauté des librairies question vampires), plutôt moderne, intriguant et bien mené, il ravira les fans de vrais vampires.

Murphy