L'heure des fantômes

 

Résumé de L'heure des fantômes - Anthologie de Jean-Pierre Croquet :

"Je ne crois pas aux fantômes. Mais j'en ai peur. " On a beau les mettre à l'écart dans un cimetière, les enfouir dans la terre profonde, disperser leurs cendres aux quatre vents, les morts ne s'en vont jamais. Leurs fantômes continuent de vivre dans notre mémoire. Et le meilleur moyen de s'accommoder de leur présence est peut-être de les enfermer dans des histoires... Or, il n'est pas de terre plus propice aux apparitions des ombres, de pays plus accueillant aux esprits inapaisés que l'Angleterre et ses Îles. Sur ces landes brumeuses, dans les solitudes des Hébrides, sur les étendues vertes d'Irlande, dans les manoirs de briques rouges ou dans les ruelles obscures de Londres, c'est toujours " l'heure des fantômes " ! Tour à tour terrifiants ou pathétiques, décidés à se venger ou à réparer un acte atroce, ils reviennent du " pays dont nul voyageur n'a repassé les frontières " pour nous dire que la mort est la chose la mieux établie et... la plus incertaine ! Des histoires à frissonner, aux odeurs de feu de bois et de tourbe, à savourer en dégustant une tasse de thé ou un bon whisky...

Mon avis sur L'heure des fantômes :

Cette anthologie propose 18 nouvelles de fantômes, écrites par des écrivains dont les noms ne vous sont pas inconnus (Le Fanu, R.L. Stevenson, Arthur Machen, Arthur Conan Doyle, etc.) et par d'autres plus "discrets", dirons-nous.

Pour qui est habitué à la lecture de telles histoires ou est amateur de films fantastiques, les nouvelles sembleront en général prévisibles. Que cela concerne les raisons pour lesquelles le fantôme apparaît (recherche le repos, demande justice ou bien "revit" inlassablement ses derniers moments, etc.) ou bien les lieux d'apparition (manoir, bâteau, lande anglaise, vieil hôtel...).

Il me semble même que les fantômes en eux-même ne vous feront pas dresser le moindre cheveux sur la tête (désolée pour ceux qui n'en ont pas 😱 mais qui, du coup, ne me contrediront pas 😝). Bref, pour l'habitué, rien de bien innovant ici.

Pourtant, cette anthologie vaut absolument le coup !

Oserais-je avouer que trois de ces nouvelles m'ont provoqué des cauchemars, les nuits suivant leur lecture ? Soyons fou puisque c'est pour la bonne cause : ces textes, mêmes prévisibles, sont d'une efficacité extrême.

Leur ambiance, la façon dont les événements se déroulent, la façon de décrire la rencontre entre les fantômes et les personnages (sans parler des illustrations super inquiétantes de Roland Sabatier - brrrr) vous feront froid dans le dos.

Pour certaines nouvelles, j'ai trouvé beaucoup plus inquiétant les personnages de chair et de sang. J'ai découvert des personnages malades, fous, nombrilistes mais coquets s'il vous plaît, des personnages qui aiment raconter des histoires au détriment de la santé mentale de leur interlocuteur, d'autres qui préfèrent cacher la vérité au détriment de la vie de leur semblable. 

Bref, mentions spéciales à deux nouvelles (bizarrement la plus longue et la plus courte) : La fenêtre ouverte de Saki - pour son twist final, et L'appel des cloches de Aickman, pour son ambiance particulière et parce qu'elle pourrait facilement être portée à l'écran (ah j'imagine déjà un film en noir et blanc à la manière des films des années 60 😍).

Cet ouvrage est une petite perle qui permettra de se rendre compte de l'héritage de ces "ghost stories" dans nos divertissements contemporains. On n'a rien inventé. Mais là n'est pas (totalement) notre sujet.

 

 Poppy