Dexter-Palmer-Reve-mouvement-perpetuel

Résumé deLe rêve du mouvement perpétuel de Dexter Palmer :

Moi, Prospero Taligent, je suis fier de pouvoir vous annoncer que la machine a mouvement perpétuel est achevée. Il est donc temps pour moi de récolter les fruits murs de mon génie sans bornes. Des demain, je prendrai le titre qui est désormais le mien de plein droit, celui de chef suprême du monde connu. La machine a mouvement perpétuel est en cours d'installation sur un zeppelin arrime au sommet de la tour Taligent. Une fois l'installation terminée, ma fille Miranda et moi-même quitterons la sphère terrestre pour toujours, de sorte que nos pieds ne fouleront jamais plus le sol ignoble de cette planète. Lorsque nous survolerons Xeroville, vous aurez la possibilité de m'offrir vos tributs sous forme de poèmes, de lingot d'or ou d'obséquiosités diverses. Je ferai également usage des voitures volantes pour distribuer des tracts vous faisant part de mes ordres, auxquels vous obéirez sans rechigner si vous voulez vivre heureux et améliorer vos conditions d'existence. De temps a autre, pour me distraire, je vous soulagerai de ce lourd fardeau qu'est la vie, vous annihilant en un éclair grâce aux nombreux rayons mortels dont mon zeppelin est équipe. En conclusion : vous pouvez désormais me considérer comme votre chef suprême, même si ceux d'entre vous, qui en feront le choix, auront encore le droit de fréquenter leurs lieux de culte respectifs. Passez une bonne journée !

Mon avis sur Le rêve du mouvement perpétuel de Dexter Palmer :

Avec un tel résumé, comment ne pas succomber à l'achat de ce livre et commencer sa lecture avec un très bon apriori même si l'auteur est (en tout cas pour moi, sur le moment) un illustre inconnu ? Bien m'en a pris ! Gros de ses 461 pages, le livre se dévore à une vitesse incroyable.

Nous suivons Harold Winslow durant plusieurs périodes de sa vie sur lesquelles il revient. L'histoire commence quand il décide d'écrire ses mémoires alors qu'il est prisonnier d'un dirigeable autonome créée par Prospero Talligent, le savant fou de l'histoire, afin d'assurer la survie de sa fille Miranda et de notre héros jusqu'à la fin de leurs jours. Harold va raconter le mécanisme enclenché alors qu'il n'est encore qu'un enfant qui le poussera à se lier à la famille Taligent, notamment à Miranda, fille adoptive de Proposero que ce dernier idolâtre et garde prisonnière d'une tour afin de la garder de toute impureté.

Le contexte de départ n'est pas sans rappeler les figures de contes de fée : une princesse retenue prisonnière, un chevalier venant la délivrer. Oui mais... ne vous arrêtez pas à cela car Le rêve du mouvement perpétuel n'est pas tout à fait un conte de fée.

Notre (anti) héros est en effet issu d'une famille pauvre où le malheur est quotidien : mère décédée, le père trime pour quelques pièces tandis que sa soeur tend vers la dépression sous des apparences d'artiste incomprise. Harold le sait mais ne se sent guère concerné pas tout cela, c'est un personnage perdu, sans ambition ni objectif. Il grandit dans un univers où les robots de Prospero, la figure paternaliste qui gouverne la ville, sont socialement acceptés. Prospero d'ailleurs est un scientifique, animé par des ambitions de scientifique (évidemment...) et, s'il peut apparaître comme un père maladivement soucieux de la sécurité son unique fille, n'en est pas moins un personnage sombre et dérangé.

Afin d'éviter de vous spoiler, je n'en dirai pas plus sur l'histoire. Quelques passages m'ont semblé un peu lents.

Mais il y a trois points forts que je retiens de ce roman :

- la profondeur des thématiques développées par Dexter Palmer (la relation à l'amour, aux illusions, à l'enfance, à la mort, au corps qui grandit et change, mais aussi au corps en tant qu'objet mécanique, ...);

- les dialogues, pour certains totalement absurdes, voire cartoonesques, mais qui reflètent tellement bien le décallage entre les personnages et ce qu'il leur arrive ;

- la traduction car l'écriture est fluide, les phrases se lisent sans difficulté.

Ce roman vaut vraiment le détour.

Poppy